Etat islamique: des "milliers" de djihadistes étrangers, dont des centaines de Français, quittent la zone irako-syrienne pour rentrer dans leurs pays d'origine

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Etat islamique: des "milliers" de djihadistes étrangers, dont des centaines de Français, quittent la zone irako-syrienne pour rentrer dans leurs pays d'origine

Publié le 24/10/2017 à 15:09 - Mise à jour à 15:34
© JM LOPEZ / AFP/Archives
PARTAGER :

Auteur(s): Maxime Macé

-A +A

Les revers de l'État islamique, en Irak et en Syrie, précipitent le retour des combattants étrangers de l'organisation djihadistes vers leurs pays d'origine ou d'autres zones de djihad. Selon un rapport publié ce mardi par le Soufan Group et The Global Strategy Network, ils sont près de 5.600 à avoir pris le chemin du retour.

La défaite militaire de l'organisation Etat islamique en zone irako-syrienne pose le gigantesque problème du retour des djihadistes étrangers dans leurs pays d'origine ou leur départ vers d'autres zones de "djihad". Le nombre de ces "revenants" ne cessent de croître à mesure que les derniers sanctuaires du groupe salafiste sont repris par les forces locales, qu'elles soient syriennes ou irakiennes.

On estime que depuis 2011 ce ne sont pas moins de 40.000 combattants étrangers qui ont rejoint les rangs de l'Etat islamique. A titre d'exemple, ils étaient près de 10.000 à avoir rejoint l'Afghanistan à l'époque du djihad contre les Soviétiques. Selon un rapport très détaillé publié ce mardi 24 par le Soufan Group et The Global Strategy Network sur le retour de ces combattants étrangers de l'Etat islamique vers leurs pays d'origine. Ainsi, on apprend que ce sont désormais 5.600 djihadistes, provenant de 33 pays différents, qui ont quitté la zone irako-syrienne et sont rentrés dans leurs pays d'origine, représentant un immense défi de sécurité pour ces Etats.

En moyenne, ce sont 20% à 30% des djihadistes étrangers venus d'Europe y sont déjà revenus - bien qu'ils soient 50% au Royaume-Uni, au Danemark et en Suède. Des milliers d'autres qui se sont battus pour l'EI sont bloqués près des frontières de la Turquie, de la Jordanie ou de l'Irak et cherchent à retourner dans leurs pays par des moyens détournés.

Pour la France, le ministre de l'Intérieur avait fait savoir en août que 271 djihadistes français, dont 54 mineurs, avaient déjà fait leur retour dans le pays et avaient été interpellés. Ils seraient environ 700 encore en zone irako-syrienne et chercheraient à rentrer en France, pour poursuivre leur djihad pour certains.

Néanmoins, les services de renseignement ne sont pas complètement démunis face à la menace des revenants et cela est notamment dû à la relative qualité de l'administration de l'Etat islamique. En effet, les campagnes militaires victorieuses contre l'EI ont permis aux forces soutenues par la coalition internationale contre Daech de mettre la mains sur des milliers de pages de contenus administratifs où sont répertoriés les identités réelles et les kunya (nom de guerre) de certains combattants étrangers de l'EI. Le matériel informatique saisi sur des membres du groupe terroriste a produit les mêmes effets. Ainsi, une liste de surveillance de près de 19.000 identités a pu être établi par Interpol.

Le rapport souligne également le problème posé par le retour des familles de djihadistes étrangers qui rentrent également vers leurs pays d'origine, dont certains n'ont connu que la propagande de l'Etat islamique et la violence extrême de ses membres. Le rapport chiffre à 460 le nombre d'enfants français qui ont rejoint les rangs de l'EI et environ 320 femmes.   

Enfin, il est nécessaire de préciser que tous les combattants étrangers de l'EI ne cherchent pas à rentrer dans leurs pays d'origine mais tentent de rejoindre de nouvelles zones de combats où des ramifications de l'Etat islamique sont présentes comme la Libye, le Sinaï égyptien ou encore l'Afghanistan. 

Auteur(s): Maxime Macé


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


Bientôt défait sur le terrain, en Irak et en Syrie, les djihadistes étrangers de l'organisation prennent le chemin du retour.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-