Internet: lieu de propagande et de revendication de l'Etat islamique

Auteur(s)
Maxime Macé
Publié le 16 novembre 2015 - 16:41
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Des djihadistes de Daech.
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©Capture d'écran i>Télé
Internet et les réseaux sociaux sont devenu moyen de propagande pour le terrorisme.
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Internet et les réseaux sociaux sont devenus depuis 2012 un lieu de lutte, de propagande et de revendication pour les djihadistes, et en particulier ceux de l'Etat islamique qui ont fait de cette ouverture sur le monde un outil de propagation de la haine.

En plus du "califat" physique installé à cheval sur la Syrie et l'Irak, l'Etat islamique (EI) a crée ex nihilo un "califat" virtuel sur Internet, fruit d'une machine de propagande élaborée et très efficace, que rien ne vient pour l'instant gêner dans sa diffusion de la haine et de la violence.

Des premières images de décapitation de mauvaise qualité publiées dès 2012 aux récentes "superproductions" tournées en haute-définition et montées comme des films à gros budget, Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique) a perfectionné la qualité de ses vidéos, apportant un soin tout particulier à reprendre l'imageries des jeux vidéos violents tel GTA ou Call of Duty pour toucher la jeunesse occidentale.

Car il ne faut pas s'y tromper, cette propagande sur Internet s'adresse essentiellement aux candidats au djihad résidant en Europe et, dans une moindre mesure, aux Amériques et en Russie. Le principal objectif est donc de recruter de nouveaux partisans et, dans un second temps, terroriser l'Occident en publiant des vidéos ou des photos de décapitations, massacres et autres exactions. Les recrues occidentales de l'organisation étant pour beaucoup des "digital natives", les responsables de Daech ont conscience de la portée que peut avoir un post sur Internet. Et cela marche, en juin dernier le ministère de la Défense français estimait à 2,8 millions le nombre de followers francophones de l'organisation terroriste sunnite.

Les djihadistes ont affiné leurs techniques d’embrigadement. Ils en utilisent toutes les possibilités: sites d’apologie du terrorisme, forums, services de messagerie directe, vidéos, et même des sites de rencontres pour célibataires. Quant aux réseaux sociaux, Facebook, Twitter ou encore Instagram, ils sont utilisés pour prendre contact entre connaissances: ceux qui sont sur place en charge de recruter y postent des messages et y discutent avec ceux qui sont en Europe. Pour eux, Internet est le moyen de faire circuler massivement leur propagande et de proposer aux jeunes un discours adapté pour mieux les embrigader. 

Dès l'automne 2014, des membres de Daech filmaient les combats en Syrie et en Irak, sans prendre part aux combats. Ce sont, en quelque sorte, les "journalistes" du groupe terroriste, montrant ainsi que Daech n'est pas un simple groupe de guérilla comme ont pu l'être les membres d'Al-Qaida, leurs grands rivaux, en Afghanistan.

Ces vidéos et messages audio servent également à poser des revendications suite à des attaques ou des attentats, comme ce fut le cas pour le crash de l'avion de la Metrojet dans le Sinaï ou plus récemment suite aux attentats de Paris.

Il y a enfin les vidéos qui présentent l’Etait islamique comme une entité étatique, en insistant sur les aspects régaliens: les combattants font défiler dans les rues le matériel militaire saisi lors de raids contre des bases militaires (notamment lors de la chute de Mossoul en Irak), mais aussi de la propagande autour de la fabrication de pièces d’identité, de diplômes universitaires ainsi que la mise en place de services publics, comme des hôpitaux ou des écoles.

Cette stratégie de propagande numérique à grande échelle est particulièrement bien décrite dans le reportage Jihad 2.0. que vient de rediffuser La Chaîne Parlementaire (LCP).

 

 

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