Japon: Shinzô Abe affirme que la Corée du Nord peut frapper l'archipel avec du gaz sarin

Japon: Shinzô Abe affirme que la Corée du Nord peut frapper l'archipel avec du gaz sarin

Publié le :

Jeudi 13 Avril 2017 - 17:05

Mise à jour :

Jeudi 13 Avril 2017 - 17:25
© KAZUHIRO NOGI / AFP
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Damien Durand

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Le Premier ministre japonais Shinzô Abe a déclaré ce jeudi que la Corée du Nord a les moyens de tirer sur l'archipel nippon un missile balistique chargé de gaz sarin, du même type que ce qui a été utilisé en Syrie. Le dirigeant souhaite éviter une escalade dans la pénisule coréenne qui mettrait Tokyo en première ligne d'une réponse militaire.

C'est le Premier ministre Shinzô Abe lui-même qui en a fait l'aveu ce jeudi 13: la Corée du Nord possède déjà la technologie et l'armement nécessaire pour frapper le Japon en utilisant un missile balistique porteur d'une arme chimique de type gaz sarin. Soit le même agent toxique que celui qui a été utilisé dans le bombardement du 4 avril à Khan Cheikhoun en Syrie et qui a provoqué la mort de 86 personnes.

Le chef du gouvernement s'exprimait devant une commission spécialisée sur les questions de sécurité de la Chambre des conseillers (le sénat japonais). Il en a profité pour confirmer que Tokyo, de son côté, ne comptait pas acquérir des armes permettant de frapper directement Pyongyang. Un groupe de députés avait en effet demandé que le Japon puisse attaquer directement la Corée du Nord, expliquant qu'une telle stratégie ne remettra pas en cause la Constitution japonaise qui, pacifisme oblige, interdit aux forces armées nippones de n'agir pour d'autres buts que se défendre.

Dans les pages du quotidien britannique Financial Times, Sotestu Ri, un chercheur de l'université Ryukoku de Kyôto explique que le Japon suit de près le potentiel chimique en gaz sarin de la Corée du Nord. Tokyo s'intéresse tout particulièrement à ce gaz depuis que le pays a subi une attaque par une secte, Aum Shinrikyô, qui a utilisé cet agent chimique lors d'un attentat dans le métro de Tokyo le 20 mars 1995, qui a provoqué la mort de 12 personnes. Une expertise sur la question du sarin qui rend la déclaration du Premier ministre japonais potentiellement crédible. L'assassinat en février de Kim Jong-nam, le demi-frère du "grand soleil du XXIe siècle" Kim Jong-un à l'aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie) via du "VX" un autre neurotoxique très puissant, montre que Pyongyang possède sans nul doute des armes chimiques.

Le Japon se retrouve dans une position difficile dans la crise qui secoue la péninsule coréenne. Tokyo est en effet partagé par le soutien sans faille apporté à la politique étrangère américaine –Shinzô Abe a d'ailleurs été l'un des premiers dirigeants étrangers a salué le lancement de 59 missiles Tomahawk sur la base d'al-Chaayrate pour répondre à la tragédie de Khan Cheikhoun. Mais Tokyo espère aussi que les Etats-Unis ne franchissent pas le pas d'une réaction militaire directe sur la Corée du Nord, puisque l'archipel nippon serait alors en première ligne pour subir la rétorsion de Pyongyang. La tension est donc à son maximum alors que des signes concordant semblent indiquer que le régime nord-coréen prépare un sixième essai nucléaire, potentiellement pour le 15 avril jour de fête nationale, en l'honneur de l'anniversaire du "président éternel" Kim Il-sung, grand-père de Kim Jong-un et fondateur du régime. 

Shinzô Abe assure que le Japon est sous la menace d'une attaque chimique de la Corée du Nord.


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