Le djihadiste malien Amadou Koufa n'est pas mort, contrairement aux annonces de Parly

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Le djihadiste malien Amadou Koufa n'est pas mort, contrairement aux annonces de Parly

Publié le 01/03/2019 à 11:49 - Mise à jour à 11:54
© Daphné BENOIT / AFP/Archives
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Auteur(s): La rédaction de France-Soir

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Le djihadiste malien Amadou Koufa n'est pas mort, comme le montre une vidéo de propagande du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et que révèle France 24 ce vendredi 1er. Il avait été annoncé mort par la France et le Mali en novembre dernier. 

C'est un camouflet pour Paris et une mauvaise nouvelle pour la lutte contre les organisations djihadistes au Sahel. Le chef de la composante peul du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), dépendant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d’Al-Qaïda canal historique, avait été annoncé mort par Florence Parly le 23 novembre 2018. Son décès avait été démenti au préalable par certaines sources locales, comme par le commandement AQMI.

C'est la chaîne de télévision France 24 qui a dévoilé une vidéo où le prédicateur radical malien "dément sa propre mort face à deux personnes qui le questionnent en arabe et en anglais". Si aucun élément ne permet de dater formellement l’enregistrement, Amadou Koufa s’y étonne que la nouvelle de sa mort, annoncée fin novembre par la ministre des Armées Florence Parly, ait été reprise aussi rapidement dans les médias occidentaux.

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Joint par RFI, l'Etat-major de l'armée française a fait savoir qu'il allait procéder à l’analyse de la vidéo, qu’elle accueille "avec beaucoup de prudence". Spécialiste des groupes djihadistes auprès France-Soir, Matteo Puxton confirme quant à lui l'authenticité de la vidéo et précise Amadou Koufa est très certainement toujours en vie. Cette vidéo de propagande intervient par ailleurs alors que les forces françaises déployées dans le cadre de l'opération Barkhane mènent depuis plusieurs semaines des offensives contre des groupes proches du GSIM dont notamment la katiba Macina.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les djihadistes, par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement. Amadou Koufa était apparu aux côtés de l'ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef du GSIM, et l'Algérien Djamel Okacha dit Yahia Aboul Hammam, dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dans une vidéo diffusée le 8 novembre.

Amadou Koufa y invitait les musulmans en général à "faire le djihad", avant de s'adresser en particulier aux membres de l'ethnie peule.

Amadou Koufa avait donc été annoncé comme tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako. Les circonstances exactes dans lesquelles ce raid s'est déroulé n'ont pas été communiquées par l'armée française et aucune vidéo de l'action n'a été publiée par les autorités françaises. 

Voir:

Mali: un village peul attaqué, 37 morts

La mort du chef djihadiste Koufa, un succès dans la lutte "anti-terroriste" au Mali

La "sécurisation" du Mali, priorité affichée du président Keïta

Auteur(s): La rédaction de France-Soir


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Le djihadiste malien Amadou Koufa n'est pas mort, comme le montre une vidéo de propagande du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans.

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