L'UE décerne le prix Sakharov à deux yézidies d'Irak rescapées de Daech

L'UE décerne le prix Sakharov à deux yézidies d'Irak rescapées de Daech

Publié le :

Jeudi 27 Octobre 2016 - 13:41

Mise à jour :

Jeudi 27 Octobre 2016 - 13:52
©Mark Wilson/Getty Images North America/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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L'Union européenne a décerné ce jeudi le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit à Nadia Murad et Lamia Haji Bachar, deux yézédies d'Irak qui ont été forcées à l'esclavage sexuel par Daech. "Le courage de ces deux femmes, la dignité qu'elles représentent dépassent toutes les descriptions", a déclaré le président du Parlement européen, Martin Schulz, en séance plénière à Strasbourg.

Le Parlement européen a décerné ce jeudi 27 son prix Sakharov 2016 "pour la liberté de l'esprit" à deux femmes yézidies d'Irak rescapées du groupe Etat islamique (EI), dont il a salué le "courage" et la "dignité". Nadia Murad et Lamia Haji Bachar sont devenues des figures de la défense de la communauté yézidie, minorité kurdophone persécutée par les djihadistes, après avoir vécu un cauchemar comme de nombreuses jeunes filles enlevées et forcées à l'esclavage sexuel par l'EI. "Elles ont une histoire douloureuse, tragique" mais "elles avaient le sentiment de devoir survivre pour porter témoignage", a souligné le président du Parlement européen, Martin Schulz, en séance plénière à Strasbourg. "Le courage de ces deux femmes, la dignité qu'elles représentent dépassent toutes les descriptions", a affirmé M. Schulz, estimant que l'attribution du prix montrait que "leur combat n'a pas été vain" et exhortant les Européens à se "battre contre la stratégie génocidaire de l'EI".

Nadia Murad, nommée mi-septembre ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains, milite justement pour que les persécutions commises en 2014 contre les Yézidis soient considérées comme un génocide. Selon des experts de l'ONU, environ 3.200 Yézidis sont actuellement entre les mains de l'EI, la majorité en Syrie. "Le prix attribué jeudi doit aussi servir à mettre un coup de projecteur sur la situation des minorités religieuses dans la région", a jugé le chef de file des eurodéputés socialistes, Gianni Pittella, dont le groupe avait proposé le nom des deux jeunes femmes, conjointement avec le groupe des libéraux ALDE.

Décerné chaque année par le Parlement européen depuis 1988, le prix Sakharov tire son nom du scientifique soviétique dissident Andreï Sakharov, décédé en 1989, et distingue des personnes qui se sont illustrées dans la défense des droits de l'Homme. Il avait été attribué l'an dernier au blogueur saoudien Raef Badaoui, emprisonné pour "insulte à l'islam". En 2014, c'est le médecin congolais Denis Mukwege qui avait été honoré pour son action en faveur des femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC). Martin Schulz et les présidents des différents groupes politiques du Parlement ont dû faire un choix difficile entre les deux jeunes femmes et deux autres personnalités en lice, le journaliste d'opposition turc Can Dündar et le leader historique des Tatars de Crimée Moustafa Djemilev.

Can Dündar, ex-rédacteur en chef d'un journal d'opposition turc exilé en Allemagne, n'a pas tardé ce jeudi à adresser ses félicitations aux deux lauréates. "Nous soutenons votre combat courageux contre les forces obscures qui visent à dégrader les femmes", a-t-il dit sur son compte Twitter. Accusé d'avoir divulgué des "secrets d'Etat", il a été condamné en mai à cinq ans et dix mois d'emprisonnement en Turquie. Il est également sous la menace d'une autre condamnation pour des liens présumés avec l'organisation de l'ex-prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'être le cerveau du coup d'Etat manqué de mi-juillet en Turquie. Présent mercredi 26 au Parlement européen pour une conférence de presse sur la situation dans son pays, il avait appelé les Européens à protéger ses collègues, estimant que "la Turquie est aujourd'hui la plus grande prison de journalistes" au monde.

Quant à M. Djemilev, il a consacré sa vie à lutter pour le droit des Tatars à vivre sur leur terre d'origine, la Crimée, un combat qu'il continue de mener de Kiev où il vit en exil depuis l'annexion en 2014 par la Russie de cette péninsule ukrainienne où il est interdit d'accès pour cinq ans.

Le prix Sakharov, doté de 50.000 euros, doit être remis aux lauréates lors d'une cérémonie programmée le 14 décembre à Strasbourg, à laquelle seront également conviés M. Dündar et M. Djemilev.

Nadia Murad a été nommée mi-septembre ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains.

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