Référendum en Catalogne: l'heure du choix alors que Madrid tente toujours d'empêcher le vote

Référendum en Catalogne: l'heure du choix alors que Madrid tente toujours d'empêcher le vote

Publié le :

Samedi 30 Septembre 2017 - 17:01

Mise à jour :

Samedi 30 Septembre 2017 - 17:03
© LLUIS GENE / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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A la veille du référendum sur l'indépendance de la Catalogne, la police espagnole a mis sous scellé 1300 des 2315 bureaux de vote qui devaient ouvrir dimanche dans des écoles de la région. Ce samedi la tension monte entre gouvernement espagnol et indépendantistes.

L'Etat espagnol continue à maintenir la pression sur les indépendantistes catalans ce samedi 30, la veille du référendum d'indépendance qui se tiendra dimanche en Catalogne. La police a mis sous scellés plus de la moitié des 2.300 bureaux de vote dans la région séparatiste où les autorités catalanes comptent toujours faire se dérouler le vote interdit par Madrid, a annoncé le représentant du gouvernement espagnol en Catalogne.

Cela même alors que depuis vendredi 29 au soir, des groupes de citoyens se sont mis à occuper des bureaux de vote, essentiellement des écoles, pour empêcher leur fermeture.

Une nouvelle mesure prise par les autorités espagnoles qui tentent toujours d'interdire le scrutin. Au cours de la semaine dernière, la police nationale (Guardia civil) a saisi plus de 10 millions de bulletins de vote imprimés par les indépendantistes, espérant ainsi empêcher la tenue du vote. D'importants renforts de force de l'ordre ont également été déployés dans la région, venant de toute l'Espagne.

Des agents de la Guardia civil ont investi le Centre des télécommunications et des technologies de l'information de la Generalitat pour empêcher toute manœuvre informatique en faveur du référendum. L'attitude des Mossos, les policiers du gouvernement autonome catalan, sera à scruter dimanche car ils ont reçu l'ordre de faire respecter la loi nationale et d'empêcher le référendum, alors que nombre d'entre eux penchent pour la tenue du vote.

L'indépendantisme a progressé de façon exponentielle depuis la crise économique de 2008 et surtout après la décision de la Cour constitutionnelle en 2010 de raboter le statut d'autonomie de la Catalogne. Les Catalans opposés à l'indépendance restent plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%), selon un sondage du gouvernement indépendantiste publié en juillet. Ces derniers ont d'ailleurs reçu pour consigne de ne pas prendre part au scrutin.

En cas de victoire du "oui", Carles Puigdemont, le président de la région, a promis de déclarer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne. Toutefois, face à la montée des tensions, il a semblé samedi adopter un ton plus conciliant dans une interview au journal indépendantiste Ara. "Je crois que quoi qu'il se passe la Catalogne aura gagné le droit d'être respectée et entendue, dit-il. Je ne dis pas être reconnue comme Etat indépendant, mais le droit à être écoutés et respectés nous l'avons gagné (...) A partir du 2 octobre les choses seront différentes, y compris dans la politique espagnole", a-t-il fait savoir.

Quoiqu'il en soit, l'Espagne traverse l'une de ses pires crises depuis le rétablissement de la démocratie après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.


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