Syrie: l'armée loyaliste dans une situation critique à Deir Ezzor face aux djihadistes de Daech

Syrie: l'armée loyaliste dans une situation critique à Deir Ezzor face aux djihadistes de Daech

Publié le :

Mercredi 18 Janvier 2017 - 16:20

Mise à jour :

Mercredi 18 Janvier 2017 - 16:33
L'organisation de l'Etat islamique mène, depuis la fin décembre, une offensive d'ampleur contre les positions de l'armée syrienne à Deir Ezzor, tentant d'isoler la partie de la ville sous contrôle gouvernemental de l'aéroport, vital pour le ravitaillement et le soutien aérien. Dernier bastion du régime de Damas dans l'est de la Syrie, sa perte serait un coup dur après la chute de Palmyre.
©Aymah al-Mohammed/AFP
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Maxime Macé

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Depuis 2014, l'armée syrienne soutient un long siège de la part des combattants de l'organisation Etat islamique dans la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie. La situation des loyalistes était d'autant plus compliquée que les djihadistes contrôlent l'essentiel de la province éponyme, à la frontière avec l'Irak

De la ville à proprement parler, les troupes fidèles au régime de Damas tenaient les quartiers ouest dont le stratégique aéroport militaire d'où décollait l'aviation syrienne et celle de son allié russe, mettant en échec les multiples offensives de djihadistes pour les en chasser.

Ce statu quo est remis en question depuis le début du mois de janvier à la faveur d'une opération militaire de grande ampleur, à grand renfort d'actions kamikazes, des combattants de Daech. Ce qui leur a permis, notamment, de s'emparer du mont Tardah qui surplombe le sud de la ville.

Depuis cette position stratégique, les djihadistes peuvent pilonner les positions du régime qui défendent l'accès à l'aéroport. Comme le souligne Stéphane Mantoux, observateur de référence du conflit irako-syrien, les combattants de l'EI ont pu détruire deux avions militaires syriens qui s'y trouvaient le 7 janvier. L'offensive, menée avec des moyens militaires considérables, a également permis de couper en deux la poche de résistance gouvernementale dimanche 15.

L’aéroport, qui approvisionne les quelques 120.000 civils assiégés et les troupes syriennes dans les quartiers de la ville tenus par les loyalistes, est maintenant encerclé. Si les djihadistes parviennent à consolider leurs positions, le ravitaillement des civils sera totalement interrompu, comme c'est déjà le cas pour les livraisons aériennes effectuées par le Programme alimentaire mondiale de l'ONU.

La chute de Deir Ezzor serait un coup dur pour le régime qui a déjà perdu Palmyre en décembre dernier et témoigne de la dispersion de ses meilleures troupes sur le théâtre d'opération. En effet, l'élite de l'armée de Bachar al-Assad, qui a mené victorieusement l'offensive contre les quartiers insurgés d'Alep, s'est vue redéployer à l'ouest de Palmyre pour défendre la base militaire T-4 contre Daech et face au réduit de Wadi-Barada, occupé par les rebelles, qui menace le nord-ouest de Damas.

De côté de l'EI, l'offensive est également très importante car elle briserait le dernier bastion du régime à l'est de la Syrie et lui permettrait de consolider ce qui apparaît comme sa zone de repli la plus sûre en cas de chute de Mossoul. L'organisation salafiste pourrait également mettre la main sur une grosse quantité de matériel militaire et de munitions. Ce mercredi 18, les djihadistes ont profité de l'épais brouillard qui surplombe la ville, et empêche les frappes aériennes, pour mener une série d'offensive contre plusieurs points d'accès à l'aéroport.

Preuve de l'importance capitale de la ville, l'aviation américaine a frappé à plusieurs reprises les positions de djihadistes à Deir Ezzor depuis samedi 14, comme le confirme Stéphane Mantoux.

 

Le général druze Issam Zahreddine coordonnerait la défense de Deir Ezzor pour l'armée syrienne.


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