Syrie: le régime de Damas accuse la France d'être derrière l'attaque chimique à Khan Cheikhoun

Syrie: le régime de Damas accuse la France d'être derrière l'attaque chimique à Khan Cheikhoun

Publié le :

Vendredi 28 Avril 2017 - 11:59

Mise à jour :

Vendredi 28 Avril 2017 - 12:14
Alors que tout accuse le régime de Bachar al-Assad d'être responsable du tragique bombardement chimique à Khan Cheikhoun, celui-ci a réagi aux accusations françaises en accusant la France d'avoir participer à "l'agression contre la Syrie". Des allégations sans preuve.
©Mohamed al-Bakour/AFP
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Maxime Macé avec AFP

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Damas riposte aux accusations de la France concernant l'attaque chimique qui s'est déroulée à Khan Cheikhoun dans le nord-ouest du pays début avril. Mercredi 26, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a dévoilé une enquête des services de renseignements français qui accuse le régime de Bachar al-Assad d'être derrière ce bombardement qui a coûté la vie à au moins 87 personnes, dont 31 enfants, et fait des centaines de blessés.

Les autorités syriennes ont dénoncé ce rapport jeudi 27 et accusé la France d'être impliquée dans l'attaque chimique. "La Syrie dénonce la tromperie et le mensonge, à propos du crime perpétré à Khan Cheikhoun, qui ont été fabriqués et présentés par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Cela ne laisse aucun doute sur l'implication de la France dans ce crime, ainsi que sur sa participation directe à l'agression contre la Syrie", a indiqué un communiqué du ministère syrien des Affaires étrangères.

Des accusations particulièrement graves qui ne sont appuyées par aucune preuve, au contraire de l'enquête dévoilée par l'Etat français.

En effet, le rapport étudie trois aspects-clés de l'attaque de Khan Cheikhoun: la nature du produit, le procédé de fabrication et son mode de dispersion. Paris, à l'instar de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, de la Turquie, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, a conclu à l'utilisation de sarin à Khan Cheikhoun.

Mais c'est surtout le procédé de fabrication du gaz qui permet à la France d'incriminer le régime de Damas. Le sarin prélevé à Khan Cheikhoun a été comparé avec des prélèvements réalisés par la France après une attaque de 2013 imputée au régime et perpétrée à Saraqeb (nord-ouest).

La France avait récupéré une munition non explosée et en avait analysé le contenu. "Nous sommes en mesure de confirmer que le sarin employé le 4 avril est le même sarin que celui qui a été employé dans une attaque intervenue à Saraqeb le 29 avril 2013", a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Dans les deux cas, de l'hexamine, un stabilisant, a été retrouvé. "Ce procédé de fabrication est celui développé par le CERS au profit du régime syrien", indique le résumé du rapport. Le Centre de recherches et d'études scientifiques de Syrie (CERS) est dans le viseur des pays occidentaux.

Enfin, l'analyse du contexte militaire fait dire à la France que l'aviation du régime, et en particulier un chasseur bombardier Sukhoi 22 décollant de la base de Chayrat, a effectué des frappes aériennes sur la localité le 4 avril au matin. Seul le régime dispose de ces moyens aériens.

Le bombardement avait coûté la vie à au moins 87 personnes, dont 31 enfants, et faisant des centaines de blessés.


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