Syrie: à Madaya, 42.000 habitants assiégés par le régime "au bord de la famine"

Urgence humanitaire

Syrie: à Madaya, 42.000 habitants assiégés par le régime "au bord de la famine"

Publié le :

Vendredi 08 Janvier 2016 - 10:00

Dernière mise à jour :

Vendredi 08 Janvier 2016 - 10:17
La ville rebelle syrienne de Madaya est assiégée depuis six mois. Ses quelque 42.000 habitants sont, selon l'ONU, "au bord de la famine". Sous la pression internationale, le régime de Bachar al-Assad a annoncé jeudi 7 autoriser l'accès humanitaire à la ville.
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©Capture d'écran YouTube
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Les habitants de Madaya en Syrie en sont réduits à se nourrir avec des feuilles tombées des arbres et à donner de l'eau sucrée aux nourrissons. Plus de 42.000 personnes sont assiégés depuis six mois par les forces fidèles à Bachar al-Assad dans la ville de Madaya (sud-est du pays, à proximité de la frontière libanaise).

Les rares images provenant de la ville assiégée, diffusées par des militants syriens des droits de l'homme (attention, les images peuvent heurter la sensibilité des personnes les plus fragiles), montrent des corps, d'une maigreur absolue, qui ne sont pas sans rappeler ceux des survivants des camps de la mort nazis ou des pires famines de la Corne de l'Afrique. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme  (OSDH), au moins 10 personnes sont mortes à cause du manque de médicaments et de nourriture.

D'après le Guardian, citant des activistes locaux, les habitants auraient été réduits à s’alimenter de feuilles et d’herbe et d’eau parfumée aux épices pour survivre. Certains auraient tué et mangé leurs animaux de compagnie. Le journal britannique précise qu'il n'a pas été possible de vérifier ces affirmations en raison du siège, mais que plusieurs récits décrivaient de la même façon une ville désespérément à court de nourriture, de médicaments et d’électricité. Denrée devenue ultra-rare à cause du siège, le kilo de riz aurait atteint à Madaya le prix de 250 dollars le kilo au marché noir, indique le Guardian.

Le siège de Madaya a commencé il y a environ six mois, au début d’une offensive des forces gouvernementales et de son allié le Hezbollah libanais. L’accès à la ville a été demandé à six reprises en 2015 par les agences humanitaires, mais les autorités ne l’ont accordé qu’une seule fois, le 17 octobre. Sous la pression internationale, le régime de Damas a finalement autorisé jeudi 7 l'Organisation des Nations unies (ONU) à acheminer des vivres et des médicaments dans la ville.

"La France appelle à la levée immédiate de ce siège et à l'accès d'urgence de l'aide humanitaire à Madaya et à toutes les zones assiégées en Syrie", avait déclaré mercredi 6 le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal. "Alors que les 40 000 habitants de la ville meurent de faim, le régime ne permet l'accès à la ville à aucune organisation humanitaire. Cette situation est insoutenable et inacceptable".

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime à 4,5 millions le nombre de personnes en Syrie qui vivent dans des zones difficiles d'accès, dont près de 400.000 dans 15 lieux assiégés qui ne peuvent recevoir l'aide vitale dont elles ont un besoin urgent. 

 

Auteur : MM

La ville de Madaya en Syrie est au bord de la famine, assiégée par le régime de Bachar al-Assad.