Tchétchénie: les homosexuels traqués, torturés et assassinés par les autorités

Prisons secrètes

Tchétchénie: les homosexuels traqués, torturés et assassinés par les autorités

Publié le :

Mardi 11 Avril 2017 - 12:53

Mise à jour :

Mardi 11 Avril 2017 - 13:00
Les homosexuels tchétchènes seraient la cible d'une opération de "ratissage préventive" organisée par les autorités de cette République de la fédération de Russie, selon des révélations de presse récentes. Des témoignages confirment les tortures et les meurtres tandis que les responsables du petit Etat démentent et nient l'existence même de l'homosexualité sur leur territoire.
©Frederic J. Brown/AFP
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Torturés et assassinés pour leur orientation sexuelle. En 2017. Les homosexuels tchétchènes seraient victimes d'une vaste traque organisée par les autorités du petit Etat de la fédération de Russie, selon des témoignages concordants recueillis et publiés par le journal d'opposition Novaïa Gazeta. Plus d'une centaine d'hommes auraient été arrêtés depuis le début de l'année car supposés gays et seraient détenus dans des "prisons secrètes" -certaines sources évoquent des camps- où ils seraient torturés et, pour "beaucoup", tués.

L'une de ces sinistres prisons serait située à Argoun (photo), près de la capitale Grozny. Des témoignages anonymes affirment que les détenus y sont humiliés et torturés, notamment à l'électricité. Certains seraient battus à mort sous les yeux des autres prisonniers. L'objectif des bourreaux: que les victimes donnent les noms de leurs proches également homosexuels, ou supposés tels. Et si certains, peu, d'après le journal d'opposition, sont finalement libérés, ils restent en danger car la Tchétchénie est un pays où l'homosexualité est particulièrement rejetée et où les meurtres pour laver une supposée honte familiale (appelés "crimes d'honneur") sont courants.

La prison secrète d'Argoun, bâtiment officiellement vide:

Ces informations confirmant une opération de "ratissage préventive", selon le vocable employé par les sources au sein des services spéciaux tchétchènes cités par Novaïa Gazeta, viennent confirmer des rumeurs relayées début avril par le très sérieux New York Times, notamment. En cours depuis le début de l'année, la purge aurait déjà fait de nombreuses victimes âgées de 16 à 50 ans.

Les journalistes accusent nommément Magomed Daoudov, le président du parlement tchétchène, et Aioub Kataev, le chef de la police d'Argoun, d'être les organisateurs de la purge. Ce seraient les tentatives répétées de la communauté LGBT tchétchène pour organiser des Gay Pride dans le petit Etat qui nie l'existence même d'homosexuels sur son territoire qui auraient déclenché cette opération.

"Il est impossible d'arrêter ou de réprimer des gens qui n'existent tout simplement pas dans la République", a ainsi rétorqué un porte-parole des autorités tchétchènes, Alvi Karimov, cité notamment par La Tribune de Genève. Puis d'ajouter: "s’il y avait de telles personnes en Tchétchénie, leurs proches les auraient déjà envoyées là d’où ils ne reviendraient jamais".

Amnesty international et Human Right Watch notamment ont demandé l'ouverture d'une enquête suite aux révélations de Novaïa Gazeta. Les informations du journal indépendant du pouvoir russe, et dont six journalistes ont été assassinés depuis 2000, à l'image d'Anna Politovskaïa, sont ainsi prises très au sérieux par les ONG. 

Les autorités tchétchènes démentent les informations de "Novaïa Gazeta".

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