Tortures et violences sexuelles: l'enfer des migrants sur la route de l'Europe

Tortures et violences sexuelles: l'enfer des migrants sur la route de l'Europe

Publié le :

Mercredi 27 Mars 2019 - 17:27

Mise à jour :

Mercredi 27 Mars 2019 - 17:32
© MAHMUD TURKIA / AFP
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La rédaction de France-Soir

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Un vaste rapport publié lundi 25 pointe les violences sexuelles difficilement imaginables que subissent les migrants qui prennent la route de l'Europe via la Méditerranée. Il évoque notamment des mutilations, des incestes forcés ou de l'esclavage sexuel dans des prisons clandestines libyennes. Les violences n'épargneraient pas non plus ceux qui ont réussi à arriver en Italie.

Une étude publiée lundi pointe les souffrances endurées par les migrants et réfugiés et notamment les violences sexuelles subies par celles et ceux qui prennent la route de l'Europe depuis l'Afrique.

Le rapport de la Women refugee's commission (WRC) se base sur plusieurs études d'ONG et pointe des actes allant jusqu'à la "torture sexuelle" et la mort, notamment dans les centres de rétentions libyens, et même en Italie. L'étude relève également que les hommes et jeunes garçons seraient autant victimes de ces agressions que les femmes.

"Les violences sexuelles perpétrées contre les migrants durant leur voyage incluent: des tortures sexuelles, des mutilations génitales, le fait de forcer les hommes à violer d'autres personnes -y compris des membres de leur famille- ou des agressions sexuelles mortelles", relate l'étude.

Voir: Migrants - Hidalgo appelle l'Etat à un "plan d'urgence" pour résorber les campements à Paris

Les chiffres restent difficiles à établir mais sur 4.712 réfugiés interrogés après avoir traversé la Méditerranée en 2017, 30% disent avoir vu au moins une personne "menacée" d'agression sexuelle parmi celles voyageant avec eux. Près de 80% disent avoir eux même subi des violences physiques.

Ces agressions peuvent se produire un peu partout sur la route "méditerranéenne centrale", c'est à dire à travers le Sahel vers l'Italie via la Libye. Mais les témoignages recueillis pointent en particulier les zones de détention libyennes. Soit dans l'un des 52 centres "officiels" mais aussi dans des prisons clandestines tenues par des gangs ou des milices profitant du chaos ambiant. C'est dans cette région que les pires traitements (incestes forcés, tortures et esclavage sexuel entre autres) seraient infligés.

Et pour la fraction de migrants qui parvient à traverser jusqu'en Italie, le danger serait toujours présent. Ainsi, d'après des chiffres publiés en 2015, près de 30% de ces hommes et près de 70% de ces femmes auraient été concerné(e)s par les violences sexuelles depuis leur arrivée en Europe. Celles-ci prendraient alors davantage la forme de l'exploitation sexuelle de migrants parfois encore adolescents, ou tout simplement de personnes forcées de se prostituer pour survivre.  

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