Turquie: Erdogan lance ses chars en Syrie contre "Daech et les milices kurdes"

Turquie: Erdogan lance ses chars en Syrie contre "Daech et les milices kurdes"

Publié le 24/08/2016 à 17:09 - Mise à jour à 17:35
©Bullen Kilic/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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L’armée turque a lancé ce mercredi une opération en Syrie pour chasser l’organisation Etat islamique (EI) de la ville de Jarablus à la frontière avec la Turquie mais aussi pour empêcher les milices kurdes de s'emparer de la ville. De gros moyens militaires ont été mis en place pour assurer la réussite de cette opération baptisée "Bouclier de l'Euphrate".

C'est au petit matin, peu avant l'aube ce merceredi 24, que les forces militaires turques ont lancé leur plus grande offensive en territoire syrien depuis le début du conflit en 2012. Des dizaines de chars d'assaut et des avions de combat appuyés par des forces spéciales ont marché vers la ville de Jarablus en Syrie.

Des membres de l'Armée syrienne libre (ASL) qui se rassemblaient depuis plusieurs jours en Turquie avec le soutien d'Ankara, dans l'optique d'une offensive contre Jarablus, ont également franchi la frontière.

Cette vaste opération militaire, intitulée "Bouclier de l'Euphrate", est appuyé par les forces de la coalition internationale contre l'Etat islamique, et notamment par les Etats-Unis. Ankara vise à la fois les combattants de l'Etat islamique (EI) retranché dans Jarablus mais aussi les milices kurdes syriennes qui pourraient s'emparer de la ville avant les troupes turques.

Tout cela ayant pour but de "mettre un terme" aux problèmes à la frontière turque, a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan. "Depuis 4h (3h, heure française, NDLR), nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de Daech (acronyme arabe de l'EI) et du PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde syrien)", a déclaré le président islamo-conservateur turc dans un discours à Ankara.

En effet, la Turquie considère l'EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes syriens, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie.

Ankara voit d'un très mauvais oeil la récente prise de la ville de Manbij par les Forces Démocratiques syriennes (FDS), principalement composées de miliciens d'auto-défense kurdes appuyés par des combattants des tribus sunnites syriennes opposées à l'EI. En effet, la ville, au-delà du symbole qu'à représenter sa reprise des mains de Daech, est un tremplin vers Jarablus, dernier point de passage entre la Turquie et la Syrie contrôlé par les djihadistes. Le gouvernement turc regarde avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière, ce que la prise de Jarablus pourrait permettre.

En effet, la Turquie est confrontée à une accentuation des actions de la rébellion séparatiste kurde menées par le PKK (Parti des travailleurs kurdes), soutenu par le PYD, sur son territoire depuis le début de l'année. Ce à quoi elle répond par une répression particulièrement violente.

De son côté, le régime de Bachar al-Assad a condamné l'opération "Bouclier de l'Euphrate", considérant qu'il s'agissait d'une "violation flagrante de son territoire et de sa souveraineté".

Cette opération intervient alors que le vice-président américain Joe Biden est arrivé en milieu de matinée à Ankara où il doit rencontrer le Premier ministre Binali Yildirim, puis le président Recep Tayyip Erdogan pour des entretiens notamment sur la crise syrienne et la purge post coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier menée par le régime d'Erdogan.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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L’armée turque a lancé ce mercredi une opération en Syrie pour chasser l’organisation Etat islamique (EI) de la ville de Jarablus à la frontière avec la Turquie.

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