Ukraine: le processus de paix retardé, pas d'élections avant 2016

Ukraine: le processus de paix retardé, pas d'élections avant 2016

Publié le :

Samedi 03 Octobre 2015 - 09:58

Mise à jour :

Samedi 03 Octobre 2015 - 10:14
©RIA Novosti
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La rédaction de FranceSoir.fr

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La mise en œuvre complète des accords de Minsk devant amener la paix en Ukraine "va prendre plus de temps" que prévu, a annoncé François Hollande à l'issue du sommet qui s'est tenu vendredi 2 à Paris. Ainsi, les élections locales prévues dans l'Est séparatiste du pays auront lieu "au-delà du calendrier de 2015".

Contrairement à ce qui était prévu, le processus de paix en Ukraine se prolongera jusqu'en 2016. Telle est la conclusion à laquelle sont arrivés François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine à l'issue du sommet sur le conflit ukrainien qui s'est tenu à Paris vendredi 2.

Au terme de quatre heures et demie de négociations, le président de la République a finalement annoncé le report "au-delà du calendrier de 2015" des élections locales prévues dans l'Est séparatiste de l'Ukraine selon les accords de paix de Minsk 2. Conclus en février, ces derniers ont pour objectif de mettre fin à un conflit entre rebelles pro-russes et armée ukrainienne qui a fait plus de 8.000 morts depuis avril 2014. Mais si aucune nouvelle échéance n’a été fixée, les quatre dirigeants se sont toutefois accordés sur les prochaines étapes du processus de paix.

Tout d'abord, les élections controversées prévues par les séparatistes pro-russes du Donbass (est de l'Ukraine) le 18 octobre à Donetsk (et le 1er novembre à Lougansk) ne "pourront pas se tenir", assuré François Hollande lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel. A la place, une nouvelle loi électorale devra être adoptée en concertation avec les rebelles afin de rendre ce scrutin "incontestable", a poursuivi le chef de l'Etat. Risque alors de se poser la question de la candidature de représentants des partis politiques ukrainiens sur des territoires contrôlés par les groupes armés rebelles.

Le scrutin devra se tenir dans un délai de 90 jours à la suite de la loi électorale et avoir lieu sous la supervision de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). A partir de quoi, entrera en vigeur un "statut spécial" pour les régions sous contrôle séparatiste, leur garantissant ainsi plus d'autonomie. C'est là la principale concession demandée à Kiev, farouchement opposé à cette réforme.

"Une fois que nous aurons eu les élections, il faudra encore prendre du temps pour arriver à la dernière étape de Minsk", a poursuivi François Hollande faisant allusion la reprise du contrôle par l'armée ukrainienne de 400 km de frontière avec la Russie, accusée d'envoyer troupes et armes dans le Donbass. "Ca prendra plus de temps qu'il n'était prévu, nous en avons acté le principe et finalement les modalités aujourd'hui", a-t-il admis.

Autre revers pour Kiev, François Hollande a souligné l'importance de "l'amnistie" et "l'immmunité" pour tous les candidats aux élections locales, y compris les rebelles. Le gouvernement ukrainien avait pourtant exclu, dans une loi votée en septembre 2014, toute amnistie pour les séparatistes ayant commis des crimes de sang.

Enfin, dernière mesure adoptée par les quatre dirigeants et pas des moindres: le renforcement du cessez-le-feu sur le terrain. Il s'agit du retrait de la ligne du front d'armes d'un calibre infrérieur à 100mm. Celui-ci doit débuter ce samedi à minuit et être appliqué dans un délai de 41 jours, a annoncé François Hollande. Une mesure similaire concernant les armes lourdes avait été décidée en fevrier mais n'est que partiellement appliquée sur le terrain.

Dans le même temps, lors d'un point presse séparé à l'ambasse de l'Ukraine à Paris, le président urkrainien Petro Poronchenko a exprimé son mécontentement sur la question des frontières. "Nous ne permettrons jamais un report (au-delà de décembre). C'est notre objectif principal", a-t-il déclaré. Il est toutefois resté très évasif sur le report des élections.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a quitté le sommet sans faire le moindre commentaire, son porte-parole ayant indiqué qu'il "ne pouvait parler" au nom des séparatistes qu'il a toutefois promis de rencontrer bientôt afin de discuter du dossier.  

La question des sanctions le concernant est restée en suspend, François Hollande et Angela Merkel se gardant bien de faire la moindre allusion à ce sujet devant la presse. Le président Porochenko a tout de même tenu à appeler à ne pas baisser la garde face à Moscou tant que la paix n'était pas acquise en Ukraine.

 

Angela Merkel, Vladimir Poutine, Petro Porochenko et François Hollande lors du sommet sur l'Ukraine à Paris le 2 octobre 2015.

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