Politiques

14 juillet - Défilé amer pour l'armée française

France Soir (Reuters), le lundi 14 juillet 2008 à 13:48

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L'armée française a éxécuté sans anicroche un défilé techniquement parfait lundi sur les Champs-Elysées, malgré les doutes sur le plan de réforme et surtout la présence du président syrien Bachar al Assad, en place d'honneur dans la tribune officielle.

La promotion de l'École militaire interarmes (EMIA) de Coëtquidan baptisée Antoine de la Bâtie, du nom d'un officier tué en 1983 dans un attentat imputé par certains au régime syrien, a marché sans démonstration aucune devant Bachar al Assad.

L'Elysée a pointé du doigt dimanche la responsabilité de l'Iran et du Hezbollah, et non de Damas, dans cet attentat.

Le défilé rassemblant environ 4.000 soldats, avec une parade aérienne de 65 avions et d'une trentaine d'hélicoptères, qui mettait à l'honneur les Casques bleus de l'Onu, a ensuite été exécuté avec une précision toute militaire. Il a été couronné par l'arrivée devant la tribune de sept parachutistes portant les couleurs tricolore et européenne.

Près des Champs-Elysées, la police a mis fin dans l'instant à une tentative de manifestation hostile à Bachar al Assad de Robert Ménard, président de Reporters sans frontières (RSF) et ses amis, immédiatement arrêtés et conduits au commissariat.

Parmi les 36 chefs d'Etats et de gouvernement de l'Union pour la Méditerranée présents dans la tribune, le président syrien était au premier rang, à deux sièges de Nicolas Sarkozy, entre la présidente finlandaise et le président roumain.

Alors que le régime syrien est aussi accusé de l'assassinat d'un ambassadeur de France au Liban en 1981, Henri Delamarre, Bachar al Assad s'est ensuite rendu tout sourire à la garden-party de l'Elysée, un "must" parisien du 14 juillet.

Le traitement lui permet de mettre en scène la fin de sa mise à l'écart diplomatique après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, également imputé par des enquêteurs de l'Onu à son régime.

Sarkozy maintient son plan de réformes

Angela Merkel, qui avait amené la France à de vives discussions et l'avait contraint à modifier son projet d'Union pour la Méditerranée, était au deuxième rang de la tribune de même qu'Ehud Olmert, Premier ministre israélien. Le Premier ministre britannique Gordon Brown n'était pas présent.

Nicolas Sarkozy, qui avait placé à ses côtés le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon et le président égyptien Hosni Moubarak, n'est pas revenu sur cette présence controversée dans ses interviews d'après-défilé.

Plus tôt dans la matinée sur France Inter, Bachar al Assad avait balayé les critiques adressées sur sa présence au défilé, un "tapage politique" fondé sur des "raisons franco-françaises sur lesquelles je ne m'attarderai pas", a-t-il dit.

A l'issue du défilé, le président français a réaffirmé sa volonté de mener à bien son plan de réforme des armées, qui verra disparaitre 54.000 postes civils et militaires à l'horizon 2014, avec à la clef la fermeture de nombreuses casernes, dont la liste sera annoncée à la fin du mois.

"Les armées sont en train de se moderniser, il faut une armée pour le XXIe siècle, c'est ce qu'on est en train de préparer, et pas pour le siècle d'avant", a-t-il dit.

"Les militaires l'ont compris, on travaille main dans la main, encore une fois, je crois que les Français peuvent être fiers de leur armée", a-t-il ajouté.

A la grogne de la "grande muette" contre le plan de réforme, est venue se greffer celle de certains élus. Une manifestation était prévue lundi dans les rues de Mourmelon, pour défendre le 501e-503e régiment de chars, qui pourrait disparaître. Les élus de 128 communes de Moselle ont annoncé leur intention de démissionner en bloc le 16 juillet.

Le malaise des militaires qui a conduit à démission du chef de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, après un accident lors d'une démontration de l'armée qui a fait 17 blessés à Carcassonne le 29 juin, n'est peut-être pas fini. Une enquête officielle de la DPSD (Direction de la protection et la sécurité de la défense, la sécurité militaire - NDLR) pourrait conduire à des sanctions contre les responsables.

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