Le show Obama fait escale à Paris
Le candidat démocrate à la Maison-Blanche et le président français s’entendent sur la nécessité de renforcer les liens transatlantiques et la lutte contre les talibans.

Un « bonjour » lancé en français à son arrivée, une poignée de main appuyée avec l’hôte de l’Elysée, un entretien d’une heure avec le chef de l’Etat suivi d’une conférence de presse, et Barack Obama a quitté Paris pour poursuivre sa tournée internationale. Une visite éclair et discrète, loin de la liesse qui avait déplacé la veille 200.000 personnes pour l’écouter à Berlin. Si le candidat démocrate à la présidentielle américaine assure que « l’Américain moyen a sans doute une vraie affection pour la France », le souvenir de la querelle sur la guerre en Irak est certainement trop vivace chez les électeurs américains pour s’attarder à Paris.

Qu’importe. « Les Français aiment les Américains et suivent avec passion la campagne aux Etats-Unis », a assuré hier Nicolas Sarkozy. Leur « Obamania » semblait en effet confirmée par la présence de nombreux badauds à proximité de l’Elysée pour tenter d’apercevoir le très populaire sénateur de l’Illinois. Lors de sa visite officielle aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a lui aussi été « traité comme une rock star, tout le monde l’a adoré », a aimablement répondu Barack Obama, reconnaissant des efforts du président français pour réchauffer les relations transatlantiques, bien que la presse américaine ait peu relaté l’événement l’été dernier. Si la foule amassée rue du Faubourg-Saint-Honoré et clamant « Yes we can ! » (Oui nous pouvons) était venue quémander du rêve, le candidat démocrate cherchait ici une image internationale à pouvoir envoyer outre-Atlantique.

« L’un est devenu président… »

Les deux hommes se sont déjà vus en 2006 à Washington. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait rencontré deux sénateurs : Barack Obama et John McCain, les deux finalistes de la course à la Maison-Blanche. « On dirait qu’il a un peu le nez creux », a souligné le candidat démocrate. « On était deux dans ce bureau, l’un est devenu président, l’autre n’a qu’à faire la même chose », a plaisanté Nicolas Sarkozy, soulignant que « ce n’est pas aux Français de choisir le président des Etats-Unis ».

Ils partagent la même énergie, et le fait d’avoir un père étranger. « Tout le monde ne s’appelle pas Sarkozy, tout le monde ne s’appelle pas Obama », a souligné le président français. Politiquement, « nous avons beaucoup de choses à faire ensemble, sur le changement climatique, la réforme des institutions internationales, la paix dans le monde », a souligné Nicolas Sarkozy. Tous deux s’accordent sur la nécessité de renforcer les troupes en Afghanistan, « pour faire triompher valeurs des droits de l’homme, contre les talibans, l’extrémisme ». Leurs vues sur le Darfour, l’Iran, la situation au Proche-Orient sont également similaires. Ils s’accordent également sur la discrimination positive. « C’est exactement ce que je veux faire ici », a répété Nicolas Sarkozy, fier de pouvoir citer les noms à consonance étrangère de Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara.

Avant de repartir, Barack Obama sourit, plaisante : « Juste pour rappel, je ne suis pas encore président. » Il a beau se perdre dans certaines explications, balbutier dès qu’un sujet requiert quelques précisions, la magie opère. Le charisme est là, comme la verve. La conférence de presse donnée conjointement avec Nicolas Sarkozy n’aura rien révélé. Pas de grandes déclarations si ce n’est, derrière les sourires, la volonté affichée de renouer les liens autrefois forts entre les Etats-Unis et la France. Le président français pense de même : « Si Barack Obama est élu, les Français seront très heureux. Si c’est un autre, la France sera l’amie des Etats-Unis. »

 

Sarkozy, “obamaniaque” ?

« Obama ? C’est mon copain ! », clame Nicolas Sarkozy, selon des propos rapportés vendredi par Le Figaro. Comme le reste de l’Europe, le chef de l’Etat se prend d’affection pour le candidat démocrate. « Je suis le seul Français à le connaître », soutient-il, quand bien même il ne l’aurait rencontré qu’une seule fois, en 2006.

Mais si Sarkozy affiche sa proximité avec Obama, il n’oublie pas son adversaire républicain. Le sénateur de l’Arizona a déjà rencontré deux fois le président français à Paris, en juillet 2007 et en mars 2008. Les deux hommes semblent s’apprécier. Pour Sarkozy, McCain est « quelqu’un de bien, très droit, très direct », rapporte Le Nouvel Observateur. De son côté, le candidat républicain sait que s’il veut siéger à la Maison-Blanche en 2009, il doit décomplexer la droite américaine, tout comme Sarkozy l’a fait en France en 2007.

 

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