PCF - Marie-George Buffet reste à la tête du parti communiste
Marie-George Buffet a été réélue dimanche à la tête du Parti communiste français, qui espère se relancer malgré la vive concurrence surgie à la gauche du Parti socialiste.

La secrétaire nationale, qui entame son troisième mandat comme unique dirigeante, a obtenu 67,72% des voix au 34e congrès réuni à la Défense, près de Paris. Il y a trois ans, elle avait rallié 91% des suffrages. Samedi, Marie-George Buffet avait fait adopter sa stratégie, qui vise à poursuivre le PCF tout en le transformant, et à lancer des "fronts progressistes" avec d'autres composantes de la gauche.

Les communistes "unitaires", qui prônent la fusion du PCF dans une nouvelle force rassemblant "l'autre gauche", n'ont pas réussi à "faire bouger les lignes" pour l'instant. Mais ils sont loin d'avoir renoncé. Marie-George Buffet, qui avait envisagé de passer la main après son échec (1,9%) à la présidentielle de 2007,devra surtout préparer la relève.

Affirmant qu'elle n'irait pas jusqu'au bout de son nouveau mandat, elle sera secondée par une direction collégiale qui sera désignée mercredi. Cette équipe de six à huit personnes sera animée par le directeur du journal l'Humanité Pierre Laurent, qui semble s'impose comme le numéro 2 du parti.

 

Les concurrents divisent

Dénonçant les "caricatures" de ceux qui prédisaient l'implosion d'un PCF tiraillé entre la vieille garde et les réformateurs, les dirigeants du parti ont insisté sur la capacité des communistes à se rassembler. "On a enfin parlé sans dramatiser et ça c'est fondamental", a reconnu André Gerin, l'un des chefs de file des "identitaires".

Le score de Marie-George Buffet ne doit cependant pas occulter les difficultés d'un parti en fort déclin électoral depuis le début des années 80 et concurrencé par l'émergence d'autres mouvements. En outre, la "ligne Buffet" a bénéficié de l'appui ponctuel d'"identitaires" redoutant l'abandon du PCF mais le débat reste entier. De leur côté, les "unitaires" entendent toujours rassembler les composantes de "l'autre gauche" pour faire pièce au PS.

"Il y a une crise de la gauche et une crise du communisme. On ne pourra créer une véritable unité qu'en discutant", a déclaré Marie-Pierre Vieu, qui conduisait l'une des trois listes alternatives à celle de la direction (16,38%). "Dans cet immobilisme, il y a des communistes qui continuent à vouloir transformer le parti", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle poursuivrait son action "à l'intérieur" du PCF.

De plus, si la direction a décidé de s'allier pour les élections européennes de juin avec le nouveau "Parti de gauche" de Jean-Luc Mélenchon, celui-ci pourrait à terme lui capter une partie de ses militants. Autre menace : le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, qui lui fait déjà de l'ombre dans les sondages.

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