Le ministre de l'Education devait présenter mardi la réforme prévue à la rentrée 2009, projet dont il avait livré les grandes lignes dans une interview parue dans Le Journal du Dimanche. Il fait marche arrière lundi, jugeant que "les conditions d'un dialogue serein ne sont pas réunies", et annonce la poursuite de la concertation. "Xavier Darcos a décidé de laisser plus de temps pour la mise en oeuvre de la réforme de la classe de seconde initialement prévue à la rentrée 2009 dans le cadre de la réforme du lycée", précise un communiqué du ministère de l'Education. "Dans un contexte qui expose la sécurité des lycéens et des personnes, les conditions d'un dialogue serein ne sont plus réunies", ajoute-t-il.
Le ministre de l'Education aurait choisi lui-même de différer la réforme et dément avoir obéi à une injonction de Nicolas Sarkozy, comme l'avance Le Figaro, précise LePoint.fr. Il "affirme au contraire que c'est lui qui a proposé au président de se donner davantage de temps et de pas courir le risque de voir cette réforme devenir l'étincelle qui mette le feu aux poudres", rapporte l'hebdomadaire. "Parti vendredi pour une visite en Israël et la Palestine qui a duré trois jours, il s'est longuement entretenu au téléphone tout au long de ses visite avec Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée", précise-t-il.
Les discussions devraient reprendre avec les syndicats sur la réforme qui concernerait désormais l'ensemble des classes de lycées, non plus seulement la classe de seconde.
Selon Le Figaro, l'Elysée juge nécessaire "d'approfondir le travail d'explication sur le lycée" afin notamment de calmer la colère des élèves du secondaire.
L'ancien ministre socialiste de l'Education Jack Lang a dénoncé lundi sur Canal+ les méthodes de "Terminator" et d'"incendiaire" de Xavier Darcos. "Si le gouvernement laisse le ministre continuer cette opération de 'Terminator' à l'égard de l'école, détruire mois après mois des postes, des programmes, alors oui ça pètera. (...) Je ne souhaite pas jouer au boutefeu, c'est lui l'incendiaire actuellement qui est en train de mettre le feu aux poudres par ses comportements et par ses paroles."
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a jugé urgent d'ouvrir le dialogue avec les lycéens. "Tant qu'on ne les rassurera pas sur l'avenir, on a malheureusement des risques de violence", a-t-il estimé sur LCI. "Il faut absolument dialoguer avec eux. (...) On a un gouvernement qui a une espèce de boulimie de la réforme. Le problème, c'est qu'ils n'expliquent pas les réformes, personne ne les comprend. (...) J'appelle Xavier Darcos, et le gouvernement en général, à revoir ses méthodes."


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