
PCF - Pari gagné pour Marie-George Buffet
Antonin Durand, le lundi 15 décembre 2008 à 04:00
« On nous avait promis un congrès à feu et à sang […], les communistes ont préféré le débat, l’échange, la détermination. » Ainsi Marie-George Buffet a-t-elle salué la clôture du 34e congrès du Parti communiste à la Défense. Un congrès qui, malgré quelques fausses notes, aura largement renforcé la secrétaire générale sortante du Parti, dont la liste l’emporte dès le premier tour avec plus de 67 % des voix, loin devant celle des « unitaires » menée par Marie-Pierre Vieu, et celle du député maire de Vénissieux André Gerin, qui avait obtenu 24 % lors du vote des motions avant le congrès et qui dépasse de justesse les 10 %.
« Il n’y a pas dans cette salle des hommes et des femmes qui seraient du côté de la diversité […] et des hommes et des femmes qui représenteraient la fermeture et l’immobilisme […] sur la liste présentée par le conseil national », a affirmé la dirigeante reconduite dans son discours de clôture. Ce n’est certes pas un triomphe pour celle qui avait été triomphalement maintenue à la tête du PCF avec 91 % des suffrages en 2006. Mais le Parti aura assuré l’essentiel : le risque d’éclatement semble écarté. L’image donnée par les militants reprenant à tue-tête des chants révolutionnaires ou de l’ovation et des confettis qui saluent la victoire de Marie-George Buffet effaceront sans doute dans la mémoire des participants les protestations du clan d’André Gérin. Celui-ci a en effet dénoncé un « coup de Jarnac » de Marie-George Buffet, alors que ses négociations avec la direction semblaient en bonne voie.
NEP
Les opposants ont-ils pour autant baissé les bras ? Non, si l’on en croit ceux qui, avec Jean-Claude Gayssot, se sont réunis samedi soir, également à la Défense, mais dans une autre salle, pour créer « force unitaire de gauche ». On y trouvait, outre quelques communistes de la tendance « unitaire », Martine Billard, députée des Verts, ou encore Clémentine Autain, qui a rejoint Olivier Besancenot. Quant à Robert Hue, qui avait claqué la porte du conseil national, pour fonder son propre mouvement, le Nouvel Espace politique (NEP, on notera la référence léniniste), il ne peut guère se targuer que du soutien de Jean-Claude Gayssot, lui-même marginalisé dans le Parti. Plusieurs de ses partisans, à l’image de Daniel Cirera, ont en effet préféré rejoindre la liste majoritaire.
Edition France Soir du lundi 15 décembre 2008 page 5




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