Politiques

Travail - Les magasins pourraient ouvrir dix dimanches par an

Aurore Merchin, le mardi 16 décembre 2008 à 04:00

lu 879 fois · commentaires fermés Printer User_go Twitter Viadeo Wikio Digg_france

Alors que l'Assemblée doit débuter aujourd'hui la discussion générale sur l'extension du travail dominical, l'UMP est parvenue hier à un compromis.

Une ouverture des magasins dix dimanches par an au lieu de cinq actuellement, et toute l'année dans les « zones touristiques élargies », les zones frontalières (l'agglomération lilloise) et celles « d'usages constatées » (les centres commerciaux qui ouvrent déjà, en infraction avec la réglementation actuelle). C'est le compromis trouvé hier à l'Elysée, au cours d'une ultime réunion de conciliation entre Nicolas Sarkozy et une dizaine de députés de la majorité, les plus réticents à l'extension de l'ouverture dominicale des magasins.

Mettant en avant vie de famille, associative, sportive, pratique religieuse ou les risques pour les petits commerces de proximité, ceux-ci avaient fait du débat une « question éthique ». François Fillon et Jean-François Copé, qui ont également assisté à la réunion, avaient à nouveau tenté dans la matinée de circonscrire leur fronde. Le premier ministre avait assuré qu'il ne s'agissait que de « régler des situations ponctuelles et anormales ». Quant au président du groupe UMP, il proposait une ouverture un dimanche par mois et quatre dimanches en décembre, dans les seules agglomérations de Paris, Lyon, Marseille et Lille. Une initiative considérée comme une « évolution intéressante » par le vice-président de l'Assemblée nationale Marc Le Fur, à l'initiative de deux tribunes contre le travail dominical cosignées par une soixantaine de députés UMP, NC et MPF. Mais cette proposition ne donnait pas de réponse concernant les zones spéciales, déjà ouvertes tous les dimanches, et les élus lyonnais voulaient défendre bec et ongles leurs dimanches chômés.

Repli stratégique


Au final, Lyon et Marseille sortent donc du dispositif, les « zones spéciales » pourraient ouvrir 52 dimanches par an, mais cette fois dans la légalité, et les dérogations passeraient de cinq à huit ou dix dimanches par an. On est bien loin de la proposition initiale du député UMP Richard Mallié, qui prévoyait une généralisation totale des ouvertures dominicales de magasins. Revue à la baisse sous pression de la majorité, et sous contrôle de l'Elysée, la proposition devrait être discutée à l'Assemblée cette après-midi, après le vote sur la loi audiovisuelle. L'examen des amendements, plus de 4.000 ont déjà été déposés, attendra le mois de janvier. Le PS, soutenu par les syndicats de salariés et plusieurs syndicats patronaux, dénonce un « repli stratégique ponctuel ». « Mais la menace demeure »  de voir à terme le travail dominical s'étendre à tous, a-t-il prévenu. Martine Aubry promet une « opposition acharnée ».

Qu'en pense l'opinion? Si 51% des Français seraient favorables à l'ouverture des magasins le dimanche (CSA), 53% sont opposés à travailler ce jour là (Ifop). Le travail dominical serait donc bien... pour les autres. Quant aux 3 millions de Français qui travaillent déjà habituellement le dimanche, ils sont 76% à considérer ceci comme une contrainte (Ifop), d'autant qu'à peine plus de la moitié bénéficie d'une rémunération majorée.

Edition France Soir du mardi 16 décembre 2008 page 6

lu 879 fois · commentaires fermés Printer User_go Twitter Viadeo Wikio Digg_france

aucun commentaire

Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.