Politiques

François Bayrou : ces sondages qui inquiètent l’Elysée

Christine Ollivier, le lundi 4 mai 2009 à 04:00

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François Bayrou au second tour de la présidentielle de 2012 : crédibilisée par deux sondages, l’hypothèse a tout du cauchemar pour le PS. Elle inquiète aussi à l’Elysée, tant l’issue d’un match Sarkozy-Bayrou paraît incertaine.

Si l’élection présidentielle avait eu lieu dimanche, François Bayrou aurait été à un cheveu de se qualifier pour le second tour face à Nicolas Sarkozy. Deux sondages – une étude Ifop parue dans Sud-Ouest le 26 avril et un sondage OpinionWay pour Le Figaro, samedi – donnent le président du Modem au coude à coude avec la socialiste Ségolène Royal à l’issue du premier tour. L’hypothèse a tout du cauchemar pour le PS, menacé de vivre un nouveau 21 avril 2002 avec l’élimination de sa candidate. Elle donnerait aussi lieu un second tour inédit à l’issue bien incertaine pour le président sortant.

Selon OpinionWay, Ségolène Royal aurait recueilli 21 % des voix au premier tour de la présidentielle, soit une chute d’environ 5 points par rapport à son score de 2007. Talonnée par François Bayrou, elle voit aussi son socle électoral grignoté par Olivier Besancenot. Le porte-parole du NPA fait un bond à 9 % des voix, contre 4 % en 2007.

Bayrou prospère sur l’affaiblissement du PS

Les Français semblent ne pas avoir apprécié ses « excuses » répétées, aux Africains ou à l’Espagnol José Luis Zapatero. Mais ce recul électoral reflète aussi l’état d’un Parti socialiste divisé. Or, le mauvais score de Ségolène Royal risque fort de raviver les ambitions concurrentes au sein du PS. Il devrait aussi relancer le débat lancinant sur les alliances.

François Bayrou, lui, prospère plus que jamais sur l’affaiblissement du PS. Avec 20 % d’intentions de vote contre 18,6 % il y a deux ans, il est parvenu à conserver le réservoir électoral de 2007. C’est un petit exploit, après deux années rudes, où il a vu une bonne partie de ses cadres l’abandonner et s’est vu priver de groupe parlementaire.
Le président du Modem a compensé ces handicaps par la violence de ses attaques contre l’exécutif. Dans Abus de pouvoir, son livre-pamphlet contre le chef de l’Etat paru jeudi, il qualifie Nicolas Sarkozy « d’enfant barbare » et le régime en place « d’égocratie », basée sur une « idéologie de l’argent, présenté comme valeur ».

« Monomaniaque du pouvoir présidentiel »

Si Nicolas Sarkozy affiche son flegme face à ces attaques – « si on ne veut pas de critiques, il ne faut pas être président de la République », a-t-il rétorqué jeudi –, le porte-parole adjoint de l’UMP Dominique Paillé a avancé la publication de son livre-riposte, Les Habits neufs des faux centristes, dans lequel il traite François Bayrou de « monomaniaque du pouvoir présidentiel ». Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a également dénoncé hier sur radio J le « livre d’imprécations » de François Bayrou : « On n’a pas le droit de se faire imprécateur ainsi en courant le risque de dire n’importe quoi. »

Mais les sondages contiennent aussi une bonne nouvelle pour l’Elysée, ils montrent que malgré une popularité en berne, Nicolas Sarkozy garde un socle électoral solide : 30 % d’intentions de vote au premier tour, soit quasiment son score de la présidentielle (31,18 %). A quelques jours de son deuxième anniversaire à l’Elysée, il reste plus que jamais la locomotive électoral de son camp.

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