Politiques

Violences à l’école - Vives réactions contre les fouilles

Christine Ollivier, le samedi 23 mai 2009 à 04:00

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Xavier Darcos a proposé de fouiller les élèves pour empêcher l’entrée des armes dans les établissements scolaires. Une idée qui provoque déjà une levée de boucliers.

« Grotesque », « démagogique », la fouille des cartables suggérée par Xavier Darcos pour lutter contre la violence dans les écoles a suscité un tollé vendredi. Pressé par Nicolas Sarkozy de lui formuler « sans délai » des propositions après l’agression au couteau d’une enseignante par un collégien en Haute-Garonne, le ministre de l’Education, bon élève, n’a pas traîné. Il a suggéré jeudi de créer « une force mobile d’agents » intervenant en milieu scolaire et pouvant fouiller les élèves susceptibles d’être armés. Le ministère recense une vingtaine de faits avec arme chaque mois dans des établissements scolaires. L’idée a provoqué un déluge de réactions hostiles : le Snes-FSU a dénoncé une « surenchère sécuritaire », et les lycéens de la FIDL une mesure « populiste ». « Le quotidien, ce ne sont pas les armes, mais les incivilités, les insultes, voire les violences légères », a rappelé le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri. Même la PEEP, fédération de parents classée à droite, n’était pas enthousiaste.

« GIGN scolaire »

En pleine campagne européenne, l’opposition est aussitôt montée au créneau. En proposant de créer « un GIGN scolaire » alors qu’il « a réduit le nombre de surveillants », Xavier Darcos « se moque un peu du monde », a attaqué le socialiste Jean-Christophe Cambadélis. « Tout ça est ridicule », a renchéri Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République). Daniel Cohn-Bendit (Verts) s’est inquiété d’une dérive sécuritaire, après l’interpellation de deux enfants en Gironde pour un vol supposé de vélo. « On arrête les enfants entre 6 et 10 ans » et « maintenant on va les fouiller de l’école maternelle au bac. Mais c’est de la folie ! », s’est-il exclamé.

« Que diront tous ceux qui critiquent par principe […] au prochain drame qui ne manquera malheureusement pas d’arriver ? », a rétorqué le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, jugeant le PS « irresponsable ». Mais deux députés du Nouveau Centre, allié à l’UMP, ont aussi regretté une proposition qui « s’attaque aux conséquences et non à la source du problème ». Philippe Vigier et Nicolas Perruchot préféreraient que « les parents, dont les enfants emportent des armes à l’école » soient « sanctionnés ». Xavier Darcos avait pris soin de préciser qu’il ne s’agissait que d’une « piste ». Nicolas Sarkozy tranchera : une réunion sur la sécurité est prévue jeudi prochain à l’Elysée.

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3 commentaires

Vos commentaires

gauchedecombat, le samedi 23 mai 2009 à 07:26 gauchedecombat
"Quand la liberté n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie... Les vérités de la police sont les vérités d'aujourd'hui." Jacques Prévert.

UMP=Sigle de l'intolérable. Jusqu'où accepterons nous l'inacceptable ? Résistance !

(rendez vous sur "humeurs de gauche" sous wordpress)
Mahaut, le samedi 23 mai 2009 à 11:25
Nicolas Dupont-Aignan a raison, la fouille des cartable est une idée ridicule. Pour lutter contre la violence scolaire il faudrait commencer par remettre d'avantage de personnel non enseignant dans les collèges et lycées, et également que les professeurs soient soutenus par leur hierarchie lorsqu'ils rencontrent des difficultés de discipline, d'irrespect...
france farago, le samedi 23 mai 2009 à 16:18 france gérard
Pourquoi ne pas revenir aux méthodes éprouvées: la discipline, la surveillance, la rigueur, apprises dès le CP? On a détruit toutes les formes: en rang deux par deux, les punitions,les récompenses, bref ce qui modelait le comportement et la motivation. Tout cela était libérateur. Au nom d'une fausse conception de la liberté, on récolte la servitude et la peur. Il faut remettre en nombre les surveillants dans les établissements scolaires. Les enfants ont besoin d'être encadrés. L'école doit redonner l'exemple aux parents démissionnaires. France Gérard

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