Politiques

Vacances - De Gaulle : sous les pavés, pas de plage

Christine Ollivier , le vendredi 24 juillet 2009 à 04:00

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Les vacances pour le général de Gaulle, c’était tout le contraire du « bling-bling » : il les passait dans sa très austère propriété de La Boisserie, à lire ou méditer. Et pas question de laisser les médias, alors bien sages, pénétrer son jardin secret.

« Je ne suis pas un fauve au Jardin des Plantes ! », s’agaçait Charles de Gaulle quand des photographes demandaient à franchir les grilles de La Boisserie. Jaloux de son intimité, le général passait ses congés loin des plages, dans sa maison de Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne). A une époque où peu de Français partaient encore en vacances, celles du général de Gaulle étaient à son image : austères. Loin, très loin du « bling-bling ».
« Pour penser, je me retire » à La Boisserie, écrivait-il ainsi quelques mois avant sa mort. « Là, j’écris les discours qui me sont un pénible et perpétuel labeur. Là, je lis quelques-uns des livres qu’on m’envoie. Là, regardant l’horizon de la terre ou l’immensité du ciel, je restaure ma sérénité. »

Promenades en forêt et minigolf

Pour tout loisir, il se promène dans le parc – « J’en ai fait quinze mille fois le tour » – ou dans les forêts voisines avec ses enfants, dîne en famille, regarde la télévision. L’été, il s’offre tout de même quelques moments de détente avec ses petits-enfants. Au programme : minigolf, qu’il a fait construire pour leur rendre la maison – un peu – plus accueillante.

Côté sécurité, une dizaine de gendarmes suffisaient alors pour garder les abords de la résidence lorsque le chef de l’Etat y séjournait. Et lors d’une de ses rares escapades avec sa famille dans le petit village provençal de La Celle, le « sévère et discret service d’ordre » évoqué par le journaliste de l’ORTF se résumait à… « deux gendarmes à chaque route » pour interdire l’accès du village.

Il boude Brégançon

Amoureux de La Boisserie, le général de Gaulle boudera toutes les résidences officielles de la République. C’est pourtant lui qui a étrenné le fort de Brégançon à Bormes-les-Mimosas (Var), après sa récupération par l’Etat en 1963. Venu présider en 1964 les cérémonies du 20e anniversaire du débarquement allié en Provence, il passa en effet la nuit dans la forteresse, hâtivement aménagée pour la circonstance. Il n’y remettra jamais les pieds. Ses successeurs, en revanche, l’adoptèrent très vite en résidence d’été.

Pas étonnant, dans ces conditions, que le Général n’ait pas apprécié le style de vacances, un peu trop jet-set à son goût, de son Premier ministre Georges Pompidou. Il lui fera comprendre que son penchant pour Saint-Tropez ou les voitures de sport n’était pas à la hauteur de sa fonction. Mais déjà, de nouvelles habitudes de vacances se profilaient, y compris à l’Elysée.

 


Ces si chères résidences présidentielles

La facture de l’entretien des demeures présidentielles est plutôt salée : 1,2 million d’euros en 2008 pour le château de Rambouillet (Yvelines), 330.000 euros pour Marly-le-Roi (Yvelines), 233.000 euros pour la résidence de Souzy-la-Briche (Essonne) et 226.000 euros pour le fort de Brégançon (Var). Le parc de Rambouillet nécessite à lui seul 23 jardiniers.

Or, à l’exception de Brégançon, ces demeures sont « sous-utilisées », note la Cour des comptes dans un rapport récent. Ainsi, le pavillon de Souzy-la-Briche « n’a jamais été utilisé depuis la fin du mandat du président Mitterrand ». A l’époque, il accueillait parfois derrière ses hauts murs la fille cachée du chef de l’Etat, Mazarine Pingeot.

Pour faire des économies, Nicolas Sarkozy a décidé de se séparer de Rambouillet, Marly-le-Roi et Souzy-la-Briche. Les deux premiers ont été « remis à disposition » du ministère de la Culture en juin. Le cas du troisième est nettement plus compliqué : l’ancien propriétaire, qui avait légué le domaine à l’Etat, en avait aussi interdit la vente.

Edition France Soir du vendredi 24 juillet 2009 page 11

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