C’est sur France Soir !
L’Evangile selon saint Luc Chatel
« Une belle rentrée scolaire tu prépareras. » « Au plus démunis tu penseras. » « De nombreux prix tu bloqueras. » « Beaucoup de mamans tu contenteras. » « Les caméras tu ignoreras. »

Tels sont les quelques commandements que le ministre de l’Education nationale s’est imposés dès sa prise de fonction ; et, à deux semaines de la rentrée, Luc Chatel a fait un saut dans un Intermarché du Val-de-Marne pour vérifier que les prix étaient bien bloqués pour de nombreuses fournitures scolaires et demander leur avis aux mamans qui auraient déjà commencé leurs achats.

Or, après avoir dit aux ministres tout le bien qu’elles pensaient de l’opération, une dizaine de mères de famille ont laissé leur chariot sur place et sont parties sans rien acheter.

Parmi les jeunes femmes ravies, un journaliste repère Virginie et découvre que cette conseillère municipale UMP a fait 500 km pour féliciter le ministre. Un autre journaliste rapporte l’information au ministère, qui lui affirme que Virginie n’a rien à voir avec l’UMP et qu’elle travaille à Intermarché.

Un troisième journaliste rapporte à son tour « quels vilains petits rapporteurs, ces journalistes » à Virginie ce qu’il vient d’apprendre, et aussi sec la jeune femme répond qu’elle ne travaille pas à Intermarché. Allez donc y comprendre quelque chose !

Ce qui est clair, c’est qu’ON a demandé à quelques dames de venir féliciter le ministre ; ça fait un peu propagande et ça peut faire sourire. Dieu merci la direction d’Intermarché a avoué être seule responsable de l’affaire ! Tant mieux pour Luc Chatel qui, sans cela, serait passé injustement pour un vilain metteur en scène. Heureusement, il ne manque pas d’humour. A

u Press Club, nous lui avons décerné il y a deux mois un prix spécial pour avoir déclaré : « Hortefeux téléphone parfois à Sarkozy pour ne rien lui dire, ce qui prouve la qualité de leur relation ! » Il aurait été dommage qu’un humoriste de ce niveau soit épinglé pour une connerie dont les patrons d’Intermarché sont les seuls coupables. Ils se font appeler « les mousquetaires ».

Quand je pense aux vrais, ceux d’Alexandre Dumas, je me dis que ceux du magasin mériteraient de se faire botter les fesses par les gardes du cardinal. Mais nos grands responsables ont autre chose à faire, jeudi dernier, alors qu’on s’arrachait les stéthoscopes pour savoir s’il faut oui ou non avoir peur de la grippe A, le Premier ministre était en Bretagne pour évoquer la prolifération des algues vertes. Bref, à part dans quelques pinèdes corses, y a pas le feu.

Ajouter un commentaire

(Votre adresse email ne sera pas divulguée)
Partager
Actualité

Allez-vous voter dimanche prochain ?

Avec un score historique de 55%, l'abstention est le fait marquant du premier tour. Qu'allez-vous faire au second tour ?

A la carte