Politiques

Le défi des Verts à la gauche

De notre envoyée spéciale à Nîmes Christine Ollivier, le samedi 22 août 2009 à 04:00

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Daniel Cohn-Bendit a rendez-vous aujourd’hui à Marseille avec Vincent Peillon (PS), Marielle de Sarnez (Modem) et Robert Hue (PCF), pour porter la bonne parole d’une Europe Ecologie qui n’hésite plus à afficher ses ambitions.

Finis les Verts comme force d’appoint ou en simple supplément d’âme d’une majorité contrôlée par le Parti socialiste. Dopée par son succès aux européennes, Europe Ecologie se voit désormais en force motrice d’une gauche recomposée, à la place d’un PS en déconfiture. Un message que Daniel Cohn-Bendit devait porter aujourd’hui au socialiste Vincent Peillon, lors d’une table ronde à Marseille avec Marielle de Sarnez (Modem) et Robert Hue (PCF).

L’eurodéputé Vert entend défier un PS « ringard » sur son terrain. Désormais, « Europe Ecologie doit répondre aussi bien aux questions d’environnement, d’économie qu’aux problèmes sur l’immigration, l’enseignement ou la sécurité », martèle-t-il. Jeudi soir, il appelait les 1.600 militants massés à l’université de Nîmes à « s’ancrer dans la société ». Pour José Bové, Europe Ecologie doit parler « à ceux qui ont peur de la fin du mois comme à ceux qui ont peur de la fin du monde ».

« Aller chercher les gens là où ils sont »

Alors que les Verts avaient passé des alliances de premier tour avec le PS dans 13 des 22 régions en 2004, c’est seuls qu’ils iront à la bataille aux régionales de mars prochain. Pour la suite, Daniel Cohn-Bendit les a enjoints à ne se fermer aucune porte, y compris celle du Modem. Des propos qui ont jeté un froid dans l’assistance. « Vous voulez une majorité oui ou merde ? Il faut aller chercher les gens là où ils sont, pas là ou vous êtes ! », a-t-il répliqué.

Signe de la révolution que connaissent les Verts, sa position n’a pas provoqué de bronca. Les écologistes semblent prêts à suivre « Dany » très loin, dans une atmosphère euphorique. Certains enterraient déjà la social-démocratie : « Aujourd’hui, c’est écologie ou barbarie », s’enthousiasmait même José Bové.

Plus prudente, la députée PRG Christiane Taubira, conviée à l’université d’été d’Europe Ecologie, se faisait toutefois menaçante à l’égard du PS : « Il faut lui faire comprendre que ça peut se passer ailleurs et sans lui. » Un avis que n’était pas loin de partager l’unique représentant socialiste présent, Eric Loiselet, du pôle écologique du PS. Il a critiqué le concept de « maison commune » proposé par la première secrétaire du PS Martine Aubry à ses partenaires : une « maison commune dans laquelle les uns choisissent l’architecte, les matériaux et le système de chauffage et laissent aux autres le soin de choisir la couleur du papier peint… »

« Le grand problème, c’est que dès qu’un parti veut structurer la gauche, il en veut l’hégémonie », a mis en garde hier sur RTL Robert Hue. Et « c’est valable pour le PS », comme pour « les écologistes ».

Edition France Soir du samedi 22 août 2009 page 4

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