Politiques

David Douillet, la force tranquille

Jean-Pierre Thiollet, le mardi 13 octobre 2009 à 04:00

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Le candidat UMP ne se laisse pas griser par son baptême électoral réussi du premier tour de l’élection législative partielle dans les Yvelines. Mais, fort d’une dynamique favorable, il aborde le second tour sous de bons auspices.

David Douillet ne fanfaronne pas. Il se garde de tout triomphalisme et il a bien raison. Même s’il est arrivé largement en tête du premier tour de l’élection législative partielle dans la 12e circonscription des Yvelines, avec plus de 44 % des suffrages, l’ancien champion sait trop qu’un combat en deux manches n’est jamais gagné d’avance et que la victoire, qu’elle semble ou non à portée de main, est encore moins acquise.

Certes, sur le papier, son score paraît suffisamment impressionnant pour se révéler sans appel pour le candidat concurrent qui, en dépit, à moins que ce ne soit en raison, de l’investiture du Parti socialiste, n’a même pas recueilli 22 % des voix. Mais s’il est conscient d’avoir réussi avant-hier soir son baptême électoral, l’ex-judoka devenu candidat UMP reste prudent. « C’est une étape, a-t-il confié après avoir pris connaissance des résultats du premier tour, mais rien n’est encore fait ».

« C’est une bonne opération », s’est-il contenté d’ajouter. Une sobriété qui n’est peut-être pas exempte d’une certaine courtoisie à l’égard de quelques-uns de ses concurrents qui sont loin d’avoir enregistré les scores qu’ils espéraient. Cas du candidat du Modem, Richard Bertrand, qui ne totalise que 7,7 % des suffrages alors qu’il faisait près de 5 points de mieux il y a deux ans. Cas surtout d’Alain Lipietz, le représentant des Verts qui, avec un peu moins de 15 %, se classe en troisième position et ne parvient donc pas à s’imposer comme challenger durable.

Forte abstention

L’attitude de David Douillet s’explique sans doute aussi par l’existence, à l’occasion de cette législative partielle organisée après la déchéance de Jacques Masdeu-Arus, condamné à dix ans d’inéligibilité, d’une abstention très forte puisque son taux frôle les 70 % (il dépassait à peine les 41 % en 2007).

Les éventuelles incidences d’un tel niveau d’abstention ne sauraient évidemment pas être sous-estimées et surtout pas occultées. Elles n’ont d’ailleurs pas échappé à Jean-Paul Huchon, le président PS de la région Ile-de-France, qui, après s’être de son côté félicité du résultat du candidat socialiste Frédérik Bernard, s’est empressé de souligner que le second tour est « ouvert s’il y a une plus forte mobilisation » car « M. Douillet n’a pas de réserve de voix »… « Quand on est dans une zone d’Ile-de-France moins exceptionnelle que Rambouillet, a-t-il précisé, le rapport de forces redevient classique. » Une allusion à la législative partielle dans la 10e circonscription des Yvelines qui avait vu, en septembre, la candidate des Verts se qualifier pour le second tour au détriment du PS.

Animal politique

Cependant, face à un concurrent qui n’avait pris la mairie de Poissy à Jacques Masdeu-Arus qu’en s’alliant avec le candidat du Modem et dont l’« équation personnelle » semble modeste par rapport à celle du célèbre champion olympique, David Douillet a dès à présent pris une sérieuse option pour la victoire. La dynamique électorale qui joue en sa faveur devrait faciliter le déroulement de ses derniers jours de campagne… Il lui suffit simplement de faire preuve de vigilance et d’une sereine patience. Mais l’animal politique qu’il est en train de devenir a déjà montré qu’il savait attendre…

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1 commentaire

Vos commentaires

oblomv, le dimanche 18 octobre 2009 à 11:27 oblomov
Même s'il perd, M. Douillet fera un bon ministre des sports à la place de Rama Yade !

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