Politiques

Jean Sarkozy, un pied dans l’Epad et beaucoup d’ambition

Christine Ollivier, le samedi 24 octobre 2009 à 04:00

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Sans surprise, le conseiller général des Hauts-de-Seine a été élu vendredi administrateur de l’Epad, dont il a renoncé à prendre la présidence face aux accusations de népotisme. Mais à 23 ans, le jeune homme a toujours beaucoup « d’ambition », et pas seulement pour la Défense.

Trente voix sur trente. Au moment d’élire le nouvel administrateur de l’Epad, aucun vote des conseillers généraux UMP et NC des Hauts-de-Seine n’aura manqué à Jean Sarkozy, 23 ans, face à la candidate de l’opposition Nadine Garcia (15 voix). Après deux semaines de polémique, le fils du chef de l’Etat avait levé la veille les ultimes réticences en renonçant à briguer la présidence de l’établissement d’aménagement du quartier de la Défense.

Rarement réunion du conseil général à Nanterre aura suscité autant de passion, avec 200 journalistes, français et étrangers, accrédités et, dehors, une cinquantaine de manifestants cernés par un important dispositif policier.

Très à l’aise, fines lunettes sur le nez, costume gris et chemise bleue, Jean Sarkozy a défendu sa candidature, citant Aragon, réclamant le « respect » et reprenant les accents de son président de père pour proposer « l’ouverture » à l’opposition départementale. Celle-ci dénonce un « vote obligé » de la majorité UMP. « Je ne dirai rien sur les élections du PS. Ce serait désagréable ! » rétorque-t-il.

Pluie d’éloges et soulagement

Alors que la gauche ironisait surtout vendredi sur l’échec du père – une « retraite en règle » pour Noël Mamère (Verts) –, c’est une pluie d’éloges qui s’est abattue à droite sur le fils, à la mesure du soulagement d’une majorité inquiète des retombées électorales de la controverse.

A l’image du porte-parole du gouvernement Luc Chatel, beaucoup lui prédisaient un « bel avenir politique ». Nicolas Sarkozy, lui, était « fier » de son fils et il l’a écrit sur sa page Facebook : « Jean a fait preuve cette semaine de grandes qualités face à un choix difficile » et « il a pris une décision sage et courageuse ».

Mais la question de la présidence de l’Epad, que Patrick Devedjian doit abandonner le 4 décembre, reste entière. Le ministre de tutelle de l’Epad, Benoist Apparu (Logement), a suggéré qu’un des neuf représentants de l’Etat occupe le poste « pendant la période transitoire jusqu’à la fusion » de l’Epad avec l’Etablissement public pour l’aménagement de Seine-Arche (Epasa) début 2010.

Jean Sarkozy lui-même n’a pas fermé totalement la porte pour plus tard. « Je ne renoncerai à rien de l’ambition que j’ai pour ce quartier d’affaires », a-t-il prévenu. Si son irrésistible ascension, entamée en 2008 avec son élection au conseil général a connu un sérieux raté, elle ne devrait en tout cas pas s’arrêter là.

« C’était une épreuve » mais « ça forge le caractère », a-t-il affirmé. Avec désormais en ligne de mire 2011 et la présidence des Hauts-de-Seine : « Dans les années à venir, a-t-il glissé, j’aurai l’occasion de me présenter devant les électeurs. »

Edition France Soir du samedi 24 octobre 2009 page 4

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