
Régionales - L’opposition en ordre dispersé dans les régions
Christine Ollivier, le mardi 27 octobre 2009 à 04:00
PS, Verts, PCF… Si ces formations gouvernent souvent ensemble les 20 régions sur 22 dirigées par la gauche depuis 2004, c’est pourtant séparément qu’elles se présenteront devant les électeurs au premier tour des élections régionales en mars prochain.
Ensuite, promis, toutes feront l’union au second tour. Mais cette dispersion inquiète au Parti socialiste, alors que l’UMP a opté pour la stratégie inverse : l’union dès le premier tour, en espérant que la dynamique ainsi créée lui permette de l’emporter au second tour malgré une faible réserve de voix.
A moins de cinq mois du scrutin, le Parti communiste et le Modem, après les Verts, ont confirmé ce week-end leur volonté d’aller seuls au combat. Le PCF et le Parti de gauche ont en effet décidé de reconduire au premier tour le Front de gauche expérimenté avec Jean-Luc Mélenchon lors des européennes, quitte à s’allier ensuite avec le PS ou Europe Ecologie. Lors des régionales de 2004, le Parti communiste n’avait mené des listes autonomes que dans une minorité de régions.
Si le PCF a laissé la porte ouverte à des alliances dès le premier tour avec le PS si ses militants en décidaient ainsi localement, son choix agace au Parti socialiste. « L’ouverture de la concurrence entre les listes de gauche est un cadeau fait à la droite », s’est insurgée lundi le député européen Stéphane Le Foll, proche de François Hollande.
« Autobalkanisation de l’opposition »
« Il y a aujourd’hui à l’intérieur de la gauche un certain nombre de gens, dont Jean-Luc Mélenchon, qui prennent une responsabilité extrêmement grave parce qu’ils font le jeu de Nicolas Sarkozy », a aussi accusé l’eurodéputé Vincent Peillon. Les « instances dirigeantes de la gauche font preuve d’une extrême légèreté qui risque de lui faire perdre plusieurs régions en mars 2010 », a renchéri Roger-Gérard Schwartzenberg, président d’honneur du PRG, en déplorant une « autobalkanisation de l’opposition ».
« D’un côté, toute la droite – en allant du Nouveau Centre au MPF – s’apprête à faire bloc autour de l’UMP » et « de l’autre, en revanche, l’opposition se présentera fragmentée en trois tronçons rivaux », à savoir « le PC dominant le Front de gauche », le « PS allié au PRG et au MRC » et « Europe Ecologie animée désormais par les Verts réfractaires à toute alliance de premier tour », s’est-il alarmé.
« Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il y aura des listes d’union de la gauche au premier tour avec le PCF et le PS », a temporisé Razzy Hammadi (PS), en jugeant « légitime et logique » la position du Parti communiste. Et d’accuser certains responsables socialistes d’avoir fait fuir le parti de Marie-George Buffet « en évoquant des alliances avec le Modem ».
Or, les centristes, eux aussi, ont acté ce week-end le principe de listes autonomes, avec des alliances au second tour… mais sans préciser encore avec qui. « Il y a des gens bien, des élus responsables dans toutes les tendances », a fait valoir le président du Modem, François Bayrou. Corinne Lepage aurait préféré une union dès le premier tour avec Europe Ecologie. Seul « hic » : les Verts ont déjà refusé la main tendue. « Il aurait fallu un peu insister », a regretté la vice-présidente du Modem.
Edition France Soir du mardi 27 octobre 2009 page 8




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