
Sarkozy : un début de deuxième mi-temps « sportif »
Christine Ollivier, le vendredi 6 novembre 2009 à 04:00
« En pleine forme ! » A en croire un habitué de l’Elysée, Nicolas Sarkozy aborde la seconde partie de son mandat avec un moral au beau fixe, guère ébranlé par les nuages qui s’accumulent au-dessus de l’Elysée. Le chef de l’Etat connaît pourtant une popularité en berne, avec plus de 60 % de mécontents.
Aucun président n’a jamais été aussi impopulaire deux ans et demi après son élection. Dans le même temps, sa majorité connaît des turbulences. Affaires Mitterrand et Jean Sarkozy, taxe carbone, réforme de la taxe professionnelle (TP) : les sujets de mécontentements sont nombreux chez les parlementaires.
« Une seule candidature à droite » en 2012
Nicolas Sarkozy et François Fillon sont montés ensemble au créneau afin de rappeler leurs troupes à l’ordre. Après avoir vivement tancé Jean-Pierre Raffarin, le chef de l’Etat a reçu hier matin l’ancien Premier ministre pour désamorcer le conflit sur la TP. Dans la foulée, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, envisageait désormais des « ajustements » du dispositif en 2010 si nécessaire.
Parallèlement, le Premier ministre s’est chargé, dans Le Monde, de taper sur les doigts de la secrétaire d’Etat aux Sports, Rama Yade, jugée trop indisciplinée… mais aussi trop populaire pour être écartée avant les régionales de mars prochain.
Dans ce contexte, le Parti socialiste se surprend à y croire : le chef de l’Etat est « battable en 2012 », estime le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault.
Reste que Nicolas Sarkozy est toujours le champion incontesté de son camp. Selon un sondage Ifop pour Valeurs actuelles publié hier, il recueillerait 28 % des voix si le premier tour de la présidentielle avait lieu dimanche, loin devant Martine Aubry (20 %).
« Mais il a fortement chuté chez les sympathisants UMP » avec 9 points perdus en un mois, souligne Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop. Et Dominique de Villepin est crédité de 8 % d’intentions de vote, ajoute-t-il.
« Cela montre qu’il y a peut-être un espace au centre droit pour des candidatures alternatives ». Or, « la stratégie de Nicolas Sarkozy, c’est une seule candidature à droite » en 2012, souligne un responsable de l’UMP.
Dans ce contexte, l’ancien Premier ministre pourrait vite devenir un problème. D’ici là, Nicolas Sarkozy prépare « une nouvelle étape » de son mandat après les régionales de mars, avec à la clé « vraisemblablement un remaniement ».
Et trois réformes au programme : la dépendance, la justice et, surtout, les retraites. De quoi, espère-t-il, retrouver un nouveau souffle.
Edition France Soir du vendredi 6 novembre 2009 page 8




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