
Union de la gauche et du centre - Les “premières rencontres du rassemblement” s’ouvrent samedi
Christine Ollivier, le vendredi 13 novembre 2009 à 04:00
Vincent Peillon avait fait sensation en août en réunissant sur la même tribune à Marseille Marielle de Sarnez (Modem), Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie), Robert Hue (PCF) et Christiane Taubira (PRG). Trois mois plus tard, l’eurodéputé socialiste veut transformer l’essai demain à Dijon, avec les « premières rencontres du rassemblement », consacrées à l’éducation. Objectif affiché : passer aux travaux pratiques de l’union en posant les bases d’un futur « contrat de gouvernement » entre les différentes formations de la gauche et du centre, en vue d’une éventuelle alternance à la présidentielle de 2012. Le prochain rendez-vous, fin janvier, portera sur les institutions.
Toutes les personnalités qui avaient fait le succès de la réunion de Marseille ont répondu à l’invitation, à l’exception de Daniel Cohn-Bendit. Le leader d’Europe Ecologie, toujours en convalescence après une opération à la hanche, enverra toutefois une vidéo. Son frère Gaby, spécialiste de l’éducation et président des amis d’Europe Ecologie, sera également présent.
« Nous ne voulons pas de présidentiables »
Le courant Espoir à gauche, dirigé par Vincent Peillon, espère un millier de personnes dans la ville du sénateur PS François Rebsamen, pour six ateliers auxquels participeront des représentants des syndicats de l’éducation nationale : Gérard Aschieri (FSU), Christian Chevalier (SE-UNSA), Gilles Moindrot (SNUIPP), Frédérique Rolet (SNES-FSU), Thierry Cadart (SGEN-CFDT) et le président de la FCPE (parents d’élèves), Jean-Jacques Hazan. Seront également à l’affiche le vice-président du Modem, Jean-Luc Bennhamias et, pour le PS, les députés Manuel Valls, Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Aurélie Filipetti et l’avocat Jean-Pierre Mignard, c’est-à-dire tous les anciens grognards de Ségolène Royal, désormais en froid avec l’ex-candidate à la présidentielle.
Celle-ci ne sera d’ailleurs pas présente à Dijon, ni le président du Modem, François Bayrou, alors que tous deux plaident pourtant pour un « dialogue indispensable » entre leurs formations, selon l’expression de la présidente de Poitou-Charentes, et se sont même vus pour en discuter. « Nous ne voulons pas de présidentiables », explique Vincent Peillon, qui affirme lui-même ne pas être candidat aux primaires du PS. « La vie politique est polluée par cette question et nous sommes un mouvement pour les citoyens et tous les gens de gauche. »
« Pot commun »
Le résultat des ateliers de Dijon sera d’ailleurs versé « au pot commun » des partis participants. « On ne veut pas recommencer la gauche plurielle, les accords d’appareil par le haut », assure l’eurodéputé, qui plaide plus que jamais pour un rassemblement allant des communistes au Modem en vue de 2012. Celui-ci, il le sait, devra toutefois attendre l’après-régionales, un scrutin où « tout le monde part (…) divisé ». D’ici là, « nous, on continue de montrer que des gens de gauche et des progressistes ont envie de travailler ensemble ».
Mais sa démarche continue à faire grincer des dents au Parti socialiste, qui prône l’union, oui, mais pas avec le Modem. Trois secrétaires fédéraux du PS en Bourgogne ont écrit lundi à la première secrétaire, Martine Aubry, pour se plaindre de ce qu’ils voient comme un « renversement d’alliance » au profit du parti de François Bayrou. A quelques jours du vote des militants communistes sur leur stratégie d’alliance aux élections, l’initiative de Vincent Peillon « nourrit une ambiguïté sur le positionnement des socialistes », accusent-ils.
Edition France Soir du vendredi 13 novembre 2009 page 5




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