« Je voulais vous présenter mes excuses parce que mardi et mercredi j’étais en Arabie saoudite et au Qatar. Je n’ai donc pas pu (…) venir à votre congrès. »
D’emblée, le chef de l’Etat a préféré couper court à toute critique, en ouverture hier à l’Elysée de son discours devant les élus, qui devait être suivi d’un échange. « Sachez que je le regrette, même si le Premier ministre y a été et s’est expliqué avec beaucoup de clarté et je l’en remercie », a-t-il insisté, en présence de François Fillon.
Désireux de répondre à ceux qui l’ont accusé de ne pas s’être rendu au congrès des maires de France qui s’est achevé jeudi afin d’éviter la colère des élus hostiles à sa réforme, à droite comme à gauche, il a également précisé qu’il tenait « absolument » à les rencontrer. « Parce que nous avons engagé une réforme majeure » et que « ce n’est pas mon genre de ne pas faire face à mes responsabilités », a-t-il souligné.
« La commune est au cœur, on n’y touche pas »
Habilement, le président de la République a su flatter son auditoire et désamorcer tout risque de contestation. « Le congrès des maires, j’ai toujours vu que c’était difficile. Je n’ai jamais vu un congrès des maires où on dit : “Ah, c’est une promenade de santé pour le gouvernement.” Si le congrès des maires, c’était facile, tous les présidents de la République y auraient été », a-t-il notamment relevé, sous les applaudissements d’une large partie de la salle, souvent acquise à sa cause.
« Si c’était un lieu où on se faisait applaudir spontanément et où l’on est remercié somptueusement pour l’action extraordinaire qu’on conduit, on se demande pourquoi j’ai été le seul ? », a-t-il ajouté. Non sans lancer un : « Moi, je m’attendais à ce que ce soit facile, parce que le gouvernement de François Fillon, c’est le premier qui dit clairement la commune est au cœur, on n’y touche pas ».
« J’ai été élu pour affronter les problèmes et tenter de les résoudre, c’est pour ça que j’ai été élu, et j’irai absolument jusqu’au bout », a-t-il cependant prévenu, avant de lancer un aphorisme en forme de profession de foi : « L’axe central de l’action du gouvernement, c’est la modernisation de la France (…) la France doit se délester de ce qui aujourd’hui la retarde. »
Sur le fond, dans son propos liminaire comme dans ses réponses aux élus, le chef de l’Etat a martelé sur tous les tons sa volonté de « créer un climat de confiance » avec les élus. « On sera à votre écoute, on est prêt à amender notre projet, a-t-il répété, mais on ne renoncera pas à notre projet. »


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