
Banlieue - Nicolas Sarkozy : “Tolérance zéro, et encore zéro”
Christine Ollivier, le mercredi 25 novembre 2009 à 04:00
Caméra embarquée à bord d’un hélicoptère
Dans la vaste salle d’information et de commandement, le chef de l’Etat admire longuement les images retransmises en direct par une caméra embarquée à bord d’un hélicoptère. L’Etat entend consacrer 20 millions d’euros en 2010 à la vidéosurveillance, pour tripler d’ici à 2011 le nombre de caméras et atteindre les 60.000 unités. Et Nicolas Sarkozy a prévenu qu’il passerait outre l’avis des maires, si nécessaire.
Six caméras seront également installées désormais dans les nouvelles rames de métro et la vidéosurveillance sera « systématiquement » installée dans « tous les établissements (scolaires) où il y a des problèmes de sécurité ». Dans les écoles, ce sera « tolérance zéro, et encore zéro », a-t-il martelé lors d’une table ronde au Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne). « Et ceux que ça gêne la vidéosurveillance, qu’ils assument leur gêne devant les Français ! », a-t-il lancé. « Arrêtons le petit système qui consiste à tout vouloir expliquer avant de tout vouloir excuser (…) Y’a rien à expliquer quand on vient avec une barre de fer dans la cour de l’école ! »
Quant à l’installation de caméras dans les rues, Nicolas Sarkozy « ne comprend pas la polémique » non plus : « Savoir où, ou avec qui vous allez faire vos courses, vous pensez que c’est à ce point passionnant ? » Il n’entend en tout cas pas se « priver d’un système qui a fait ses preuves partout ailleurs », parce que « ça dérange deux ou trois penseurs ».
« Les Porsche dans les cités, on prend et on vend ! »
La lutte contre les trafics de drogue étant une autre priorité affichée, Nicolas Sarkozy a rendu hommage aux neuf agents du fisc installés à Bobigny auprès de services de police de Seine-Saint-Denis. Ils sont 50 ainsi déployés sur toute la France. Car le ministère de l’Intérieur a désormais adopté la stratégie « Al Capone » : faire tomber les délinquants en les attaquant au portefeuille. « Tous ces messieurs qui ne travaillent pas et qui ont de belles voitures devront s’expliquer », a prévenu le chef de l’Etat en début de matinée, devant un public tout acquis de commerçants et d’habitants d’un quartier sensible d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). « Nous allons cibler un certain nombre de cités où il y a du trafic de drogue » et « tous ceux qu’on ne prendra pas sur le fait, on les prendra par les éléments de train de vie : les voitures, les montres… ». Et « les Porsche et les belles voitures qu’on voit dans les cités (…) s’il y a pas d’explication, on prend et on vend ! ».
Nicolas Sarkozy est reparti de Bobigny avec un pin’s du syndicat de police Alliance. « Attendez après les élections pour le porter », lui a glissé le syndicaliste, rigolard. « Je fais toujours collection ! », lui a répliqué le chef de l’Etat.
Edition France Soir du mercredi 25 novembre 2009 page 2




Cliquez pour agrandir












aucun commentaire
Les commentaires sur cet article sont maintenant fermés.