« Vous me connaissez, je suis obstinée »… François Bayrou a beau refuser une alliance Modem-PS dès le premier tour des régionales en Poitou-Charentes, et les socialistes la critiquer, Ségolène Royal continue de tracer son chemin.
« Quand une cause est juste, il faut tenir bon », a-t-elle expliqué hier, en se tournant vers les élus centristes locaux.
Car la perspective de cinq places éligibles sur une liste d’union a de quoi les faire hésiter, alors que le Modem n’occupe pour l’heure qu’un seul des 55 sièges du conseil régional. De fait, si l’unique élue centriste, Elisabeth Delorme-Blaizot, était « surprise » par le timing, elle n’était « pas choquée par la démarche ».
Candidat à la tête de liste et président du Modem en Charente-Maritime, Alexis Blanc, qui a reçu samedi un appel téléphonique de Ségolène Royal comme deux autres membres du Modem charentais, laissait deviner quelques regrets. « Fidèle à François Bayrou », il a jugé « dommage d’avoir refusé la proposition d’un revers de manche ». Selon lui, un débat avec les adhérents « au niveau local » sera d’ailleurs organisé « avant Noël ».
« Ce qu’elle fait, c’est… rigolo »
De quoi agacer le président du parti centriste. Ségolène Royal « est un acteur souvent démonstratif du jeu politique français » et « ce qu’elle fait, c’est souvent… rigolo », a-t-il lâché sur Europe 1.
Le Modem n’est pas la seule formation à faire l’objet d’appels du pied appuyés de Ségolène Royal, candidate à sa propre succession en mars prochain. Elle n’avait en effet pas apprécié la décision des Verts et des communistes, ses alliés en 2004, de se présenter seuls aux élections.
L’ex-candidate du PS à l’Elysée a donc contre-attaqué en se lançant dans une stratégie de débauchages individuels tous azimuts, avec déjà quelques prises à son actif. La semaine dernière, elle annonçait le ralliement de deux Verts, dont un conseiller régional sortant dans la Vienne, alors que des « discussions » sont entamées avec des membres du PCF, Ségolène Royal n’écartant pas « quelques bonnes surprises d’ici au dépôt des listes ».
Toute personnelle, sa stratégie ne colle guère avec les consignes officielles du PS. « Cela relève du monde de Ségolène Royal » qui est « parfois un peu surprenant », a soupiré hier le socialiste Claude Bartolone. Pas question pour autant d’envisager des sanctions : il ne faudrait pas « tomber dans le piège de la victimisation ».


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