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La dette publique accuse le coût de la crise

Argent

Publié le 30 juin 2009 à 16h03
Mis à jour le 12 mars 2010 à 13h13

Selon les données fournies hier par l’INSEE, la dette publique de la France s’établit à 1.413,6 milliards d’euros au premier trimestre 2009, soit 72,9 % du PIB.

En économie comme en tout, les chiffres, même lorsqu’ils paraissent a priori éloquents, ne sont pas nécessairement aussi révélateurs ou éclairants que certains pourraient être tentés de le croire. Le montant de la dette publique de la France dévoilé hier par l’INSEE en fournit une nouvelle démonstration.

Certes, cette dette publique de la France – qui concerne aussi bien l’Etat que les collectivités locales et la Sécurité sociale – a augmenté de 86,5 milliards d’euros au premier trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent, pour atteindre 1.413 milliards, soit 72,9 % du PIB (produit intérieur brut).

Alors que le gouvernement tablait initialement dans son projet de budget 2009 sur une dette s’établissant à 66 % à la fin de cette année.

Certes, toujours selon l’Institut national de la statistique, la dette brute des administrations publiques, calculée selon les critères de Maastricht, s’est accrue de 4,8 points de PIB par rapport à la fin décembre 2008. Alors que, là encore, les prévisions des pouvoirs publics, il n’y a pas si longtemps, se voulaient plus optimistes.

Progression « mécanique »

Mais les nouvelles données macro-économiques fournies par l’INSEE n’ont en réalité rien d’étonnant et n’ont sans doute pas lieu non plus de justifier des cris d’orfraie. Pour au moins trois raisons. D’abord parce qu’il est évident que le fameux pacte de stabilité européen qui fixait à 60 % du produit intérieur brut la limite autorisée d’endettement public pour un Etat membre de l’Union européenne est d’ores et déjà caduc et qu’il fera à coup sûr – réalisme oblige – l’objet d’ajustements importants, afin de tenir compte du nouveau contexte économique et financier mondial.

Ensuite, le ministère français du Budget sait dès à présent à quoi s’en tenir sur l’évolution hautement probable de la dette publique. Il s’attend – et il ne le cache pas – à ce qu’elle atteigne 77 % du PIB à la fin de cette année, 83 % en 2010, 86 % en 2011 et 88 % en 2012. Aussi nette soit-elle, cette progression est, il convient de le souligner, en grande partie « mécanique » et reste, malgré tout, très contenue par rapport à celle observée dans de nombreux pays, que ce soit en Asie ou en Amérique du Sud.

Enfin, par son caractère à la fois exceptionnel et mondial, la crise économique joue un rôle déterminant, on ne le soulignera jamais assez, dans la détérioration des finances publiques. Evoquant lundi le déficit budgétaire qui devrait s’établir entre 125 et 130 milliards d’euros en 2009, contre 56,3 milliards en 2008, Eric Woerth n’a d’ailleurs pas manqué de préciser que « les deux tiers de ce déficit seraient la conséquence de la crise ».

Quadrature du cercle

Avec moins de recettes fiscales et plus de dépenses liées à l’impérieuse nécessité de faire face aux conséquences de la progression du chômage et de mettre en œuvre des « amortisseurs sociaux », les pouvoirs publics – en France comme ailleurs – sont donc confrontés à un choc violent et à une véritable quadrature du cercle.

Avec cependant l’espoir qu’à partir du printemps prochain, la crise sera davantage « derrière » que « devant » et que le renouveau de l’économie se soldera par une régularisation des comptes.

Par Jean-Pierre Thiollet
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