La CLCV a étudié la carte de quatre chaînes (McDonald’s, Quick, KFC et Brioche Dorée) au regard des besoins nutritionnels des jeunes jusqu'à 12 ans. L'association reconnaît les efforts de ces enseignes qui «
cherchent à redorer leur image » en proposant des salades, des fruits ou encore des formules spéciales à l'intention des enfants, tout en soulignant l'impact limité de ces initiatives. Mais au vu des résultats de son enquête sur le comportement alimentaire des jeunes de trois à 12 ans en restauration rapide, «
quand on va dans un fast-food, c'est plutôt pour manger des frites et du soda que des tomates cerises », souligne CLCV.
«
Alors que le succès des fast-food ne se dément pas auprès des jeunes », l'association montre dans son étude que la version «
gourmande » des menus pour enfants «
apporte des quantités excessives de calories et de matières grasses ».
La version «
gourmande » peut comprendre notamment un cheeseburger, une «
petite frite », un yaourt à boire, et un soda de 25 cl. Pour un garçon de cinq ans se dépensant beaucoup, ce type de menu représente, selon l’enseigne, entre 45 et 53% des besoins caloriques de la journée et 47 à 60% des apports en matières grasses.
Des chiffres très élevés puisque généralement le déjeuner des enfants apporte environ 34% des calories et 37% des matières grasses pour la journée.
L'association qui a interrogé 91 enfants de 10 à 12 ans pour mieux connaître leur consommation met aussi en avant que ces jeunes délaissent les fruits et légumes dans les fast-food. 51% des enfants interrogés disent les choisir rarement ou jamais contre 17% à opter pour eux.
Un menu XL peut représenter jusqu'à 75% des besoins caloriques d'un adulte
La préférence des jeunes va aux formules du type «
Best », voire «
Maxi Best of » qui «
dépassent largement » les apports nutritionnels conseillés. Pour un enfant de 11 ans ayant une activité physique moyenne, ces menus peuvent représenter jusqu'à 50% des besoins en calories de la journée, souligne CLCV.
L'association met par ailleurs en garde contre des formules de repas, de véritables «
bombes caloriques », «
dont les caractéristiques nutritionnelles dépassent les bornes ». L'addition est ainsi particulièrement élevée contre les formules qui comprennent une «
grande frite » et un soda d'un demi-litre. A eux seuls, ces deux aliments emblématiques des fast-food représentent déjà 690 calories, soit près du tiers des besoins énergétiques quotidiens d'un adulte. Et si on leur ajoute du poulet pané, l'apport en calories correspond à 60, voire 75% des besoins quotidiens.
CLCV pointe du doigt également la politique marketing des enseignes auprès des enfants, via internet. L'association cite l'exemple d'un jeu en ligne permettant de gagner des points à échanger contre des sandwichs supplémentaires ou des menus «
XL », stigmatisant cette «
incitation directe à la surconsommation de produits gras et caloriques ».