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Education nationale - Les chefs d’établissement haussent le ton

Education

Publié le 31 août 2010 à 09h44

Deux syndicats habituellement silencieux, celui des chefs d’établissement et celui des inspecteurs pédagogiques, ont lancé lundi un véritable appel au secours pour sauver le système éducatif.

L’éducation nationale serait-elle en danger ? La rengaine revient chaque année quand les syndicats d’enseignants tiennent leur conférence de rentrée. Mais la surprise cette année c’est que des syndicats, ordinairement fort discrets, prennent la parole pour lancer à leur tour des avertissements, alors qu’un mouvement de grève de grande ampleur est programmé le lendemain même de cette rentrée 2010 et risque d’accentuer le malaise.

C’est d’abord le cas des chefs d’établissement, qui se sont alarmés lundi des déclarations du ministre de l’Education nationale, Luc Châtel. Ce dernier a en effet appelé à une refonte des sanctions à l’école. « On est le seul pays de l’Union européenne où le ministre de l’Education nationale parle des sanctions à des élèves qui n’ont pas encore fait leur rentrée », a raillé Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement.

« Suppressions de postes »

Pour autant, la principale inquiétude du syndicat concerne les nouvelles méthodes de recrutement des enseignants. « Aujourd’hui, vous avez de jeunes enseignants qui viennent tout juste de passer leur concours, à qui on demande de faire un service complet sans aucune formation préalable à l’encadrement d’une classe », regrette Michel Richard, secrétaire général adjoint du syndicat. Un fait d’autant plus difficile à accepter selon lui que « tout le monde reconnaît la difficulté du métier aujourd’hui ». Ce qui le pousse à prôner « une politique de l’éducation qui aborde les questions qui ne vont pas, et non pas une politique de communication conçue surtout pour faire passer les suppressions de postes ».

« Casse du siècle »

Les problèmes de formation inquiètent également les inspecteurs pédagogiques. Par la voix du Syndicat des inspecteurs de l’éducation nationale (SI-EN), ils ont tenu lundi la première conférence de presse de rentrée de leur histoire. Patrick Roumagnac, secrétaire général du syndicat, a ainsi regretté « une dégradation extrêmement sensible par rapport à la situation antérieure ». A ses yeux, le remplacement de professeurs expérimentés par de jeunes stagiaires risque de nuire à la qualité de l’enseignement. Autre point d’affrontement, les 16.000 suppressions de postes annoncées. Pour Patrick Roumagnac, il s’agit carrément du « casse du siècle ». « A l’heure actuelle, sur le terrain, ce que demandent les recteurs […], c’est « faites que tout aille bien. […] Sur le terrain, constate-il, amer, tout est très loin d’aller bien ». Des propos plutôt préoccupants, alors que de nombreux enseignants seront absents dès le lendemain de la rentrée.

Par Thomas Morel
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Réactions à cet article5 commentaires

  • Anonyme, le 31 août à 10:57

    Anonyme
    Désuet

    Ne vous inquiétez pas, ça leur donnera une bonne raison de voter sécuritaire.



  • D'Alton, le 31 août à 15:27

    D'Alton
    les pauvres!

    La première nécessité pour un enseignant c'est de maîtriser la ou les matières qu'il (ou elle) est censé enseigner, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. La deuxième, c'est d'avoir une tenue correcte dans sa façon de se vêtir mais aussi de s'adresser aux autres. La troisième, c'est de se demander ce dont j'aurais besoin si j'étais à la place d'un de mes élèves et comment je dois faire passer le message pour que l'élève ait l'impression que je lui suis utile. Bien sûr, il faut des conditions de travail convenables(des locaux corrects, un minimum de matériel). Il faut aussi que les élèves se rendent compte que s'ils font des efforts, ils ne seront pas constamment en échec partout. Il faudrait aussi que les parents éduquent convenablement leurs enfants, que certaines associations cessent de faire de l'activisme politicien et laissent les enseignants enseigner en paix, que les chefs d'établissements soutiennent les enseignants au lieu de penser à leur avancement personnel (pas de vagues, avant tout): ce sont là des voeux pieux,hélas.

    Maintenant, si un jeune prof de 25 ans avec bac + 5 ne se sent pas capable d'enseigner, qu'il change d'activité.

    (J'ai enseigné une quarantaine d'années et je continue à faire bénévolement de l'accompagnement scolaire dans une ZEP, à des jeunes de 10 à 20 ans, je sais donc un peu de quoi je parle, même si l'exigence fondamentale est de toujours se remettre personnellement en question: la pédagogie n'est pas uns science exacte, malgré qu'en aient les "pédagogistes").



  • Gil, le 31 août à 21:10

    Gil
    Sur le tas

    Le métier d'enseignant est un métier qui s'apprend principalement sur le terrain, lorsque l'on est confronté réellement et concrètement à la réalité. C'est la meilleure école pour apprendre à enseigner



  • Anonyme, le 31 août à 23:18

    Anonyme
    APRES les reunions

    APRES les reunions pedagogiques la greve



  • cahi, le 2 sep à 17:07

    cahi
    Pur discours de propagande

    C'est assez lamentable d'énoncer de tels propos.

    Pourquoi ne pas dire la vérité:L'enseignement français est en chute libre.

    Tout est à rebâtir.

    Actuellement il vaut mieux,sauf rares exceptions , fuire le Public.

    On a cassé voluptueusement "l'ascenseur social".



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