Le déplacement de Christine Lagarde, vendredi 17 juillet sur le site de Crolles (Isère) de fabricants de semi-conducteurs STMicroelectronics ne doit rien au hasard. Il s’inscrit dans le cadre du programme Nano2012 développé par l’équipementier, sur les technologies dérivées pour systèmes sur puce, en coopération avec l’alliance technologique IBM mise en place à East Fishkill (Etat de New York) aux Etats-Unis. « L’objectif consiste à mutualiser les ressources et la R & D en vue d’optimiser la miniaturisation, les performances et la consommation d’énergie des semi-conducteurs », indique Daniel Chaffraix PDG d’IBM. Si l’état du marché des semi-conducteurs constitue un témoin avancé des accélérations et des ralentissements de l’économie mondiale, les dépenses d’investissement (achat d’équipements ou modernisation de l’existant) pour semi-conducteurs en sont un précurseur, les fondeurs adaptant leurs ressources (actuelles et futures) en fonction de la demande estimée à six ou neuf mois.
Question de survie
Qualifiée d’enjeu vital pour la filière, la recherche et développement (R & D) menée en matière de miniaturisation des composants nécessite la mobilisation financière d’acteurs publics et privés. Nano2012 associe le Commissariat à l’énergie atomique CEA, IBM, l’INRIA, et un pôle de petites et moyennes entreprises. Le programme prévoit des dépenses de R & D d’un montant de 2,3 milliards d’euros dans le domaine de la nanoélectronique sur une durée de cinq ans. Soutenu par l’Etat et les collectivités territoriales à hauteur de 457 millions d’euros, le programme Nano2012 fait suite au programme Crolles II, qui représente le plus gros investissement industriel privé réalisé au cours des dix dernières années et qui a entraîné des dépenses de R & D de 1,5 milliard d’euros entre 2002 et 2007. Pour Christine Lagarde : « L’investissement dans ce pôle de compétitivité constitue une opération stratégique qui vise à maintenir la sécurité de nos approvisionnements. »
Géant aux pieds d’argile
STMicroelectronics a annoncé début janvier 2009 avoir réalisé une perte nette de 277 millions d’euros pour le compte du quatrième trimestre 2008. Ces mauvais chiffres seraient dus en grande partie à un recul de la demande dans le secteur de l’industrie l’automobile. A titre de comparaison, un an plus tôt la société dégageait un bénéfice de 15 millions d’euros, ce qui entraîne de sa part la suppression de 4.500 postes répartis dans le monde pour l’année 2009. Le PDG Carlos Bozotti souhaite réduire ses coûts de production de 530 millions d’euros par l’intermédiaire d’initiatives de restructuration en cours et à de nouveaux programmes dont le but est de redimensionner ses activités. « Dans le cadre de Nano2012, STMicroelectronics s’est engagé à investir 886 millions d’euros en équipements et 2,3 milliards d’euros en R & D, et à créer 660 emplois directs supplémentaires dans la région », poursuit Carlos Bozotti. Au total, l’impact du site de Crolles sur l’emploi a été estimé en 2007 à plus de 26.000 emplois directs, indirects et induits.
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De notre envoyé spécial Christophe-Emmanuel Lucy