Les députés ont adopté l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs, mais autorisent la publicité de ces produits sur Internet. Comprenne qui peut.
Croisé hier rue de Médéric, dans le XVIIe arrondissement de Paris, un groupe de jeunes élèves commente la nouvelle. « C’est dommage, une petite Despe (NDLR : marque de bière aromatisée) n’a jamais fait de mal à personne en soirée », regrette Ludovic, 16 ans et demi. « L’alcool nous permet de décompresser en fin de semaine. On ne se soûle pas forcément, on boit juste assez pour être de bonne humeur, draguer les copines et rigoler. » Pour Mickael, du même âge, « cela ne va rien changer. Il suffira qu’on aille à “l’arabe du coin” pour acheter une bouteille de Smirnoff (marque de vodka) », nous explique-t-il d’un air goguenard. Et de conclure « de toutes façons, avec mes copains, on n’est pas très porté sur l’alcool. Notre truc, c’est plutôt la fumette (consommation de cannabis), et ça, ça nous était déjà interdit ! »
Pour le Dr Henri Gomez, alcoologue à Toulouse, que nous avons joint hier par téléphone, « l’extension du principe de précaution n’est que l’arbre qui cache la forêt. L’absence de perspectives professionnelles, sociales, le déracinement et la perte de repères familiaux, sont autant de facteurs profonds qui expliquent la montée en puissance des addictions chez les jeunes. Plutôt que de multiplier les mesures répressives, il faudrait une prise en compte de ces facteurs pour régler le problème à la racine ».
Etrangement, suivant une volonté de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, les députés ont également voté l’autorisation de la publicité pour l’alcool sur Internet, un média massivement utilisé par les adolescents. Pour l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa), « c’est un message d’incohérence qui est adressé à la population ». « Comment peut-on en effet prendre dans le même temps des mesures restrictives à l’offre (interdiction de vente d’alcool aux mineurs) et des mesures incitatives (autoriser la publicité sur Internet) ? », s’interroge l’association.
L’Assemblée a cependant tempéré cette autorisation en précisant que la publicité serait interdite sur les sites « édités par des associations, sociétés et fédérations sportives ou des ligues professionnelles » et sur ceux « principalement destinés à la jeunesse ». Enfin, les députés ont également voté l’interdiction de vente d’alcool entre 18 et 8 heures dans les stations-service, contre 22 et 6 heures actuellement. Pour le moment, aucune date d’entrée en vigueur de ces mesures n’a été fixée.
Sans langue de bois, Etienne Liebig nous a livré hier ses premières impressions sur cette loi. Selon lui, l’interdit n’est pas la bonne solution.
Etienne Liebig, 50 ans, exerce depuis trente ans le métier d’éducateur en prévention spécialisé, avec des adolescents de tous milieux. Nul ne les connaît mieux que lui, il vient d’ailleurs de leur consacrer un livre (1).
FRANCE-SOIR. Que pensez-vous de l’interdiction de la vente de tabac et alcool aux mineurs ?
ETIENNE LIEBIG. Je pense que c’est très révélateur. Quand on est à court de moyens pédagogiques, quand on ne sait plus parler aux jeunes, on se met à créer des lois, des interdits. Cela fait des années que l’on nous dit à nous, éducateurs : « Il faut leur rappeler la loi. » Alors nous leur rappelons, tout en sachant que ce n’est pas en leur rabâchant « fumer du cannabis est illégal » qu’ils cesseront.
Alors comment les faire cesser ?
En adoptant un discours sensé et différent. En leur disant : « Ok, boire un verre d’alcool, même si vous avez 17 ans, ce n’est pas grave, et je sais que vous le ferez sûrement. En revanche, ce qui est dangereux, c’est de prendre le volant après. » Ce n’est pas le produit qui fait le toxicomane. Un adulte qui va s’enivrer durant une soirée ne devient pas automatiquement un alcoolique. Il en va de même pour un jeune.
Cette loi ne peut-elle pas permettre d’éviter tout alcoolisme potentiel chez un mineur ?
Cela aura certainement un petit effet pour certains, mais le besoin de se « défoncer », quand on est jeune, sera toujours là. Le problème de cette loi, c’est qu’en interdisant l’alcool et le tabac, elle met ces produits sur un même pied d’égalité que la cocaïne ou les autres drogues dures. Désormais, qu’il boive un verre d’alcool ou qu’il prenne un shoot de drogue, le jeune sera dans la transgression. Dans sa tête, tout sera équivalent. Et ça, en tant qu’éducateur, ça m’embête.
Cela ne vous gêne pas de voir un mineur boire de l’alcool ?
Mais non, il faut arrêter avec tous ces tabous ! Les ados ont besoin de s’enivrer le temps d’une soirée pour draguer, danser, s’exprimer… Et en ces temps de crise, je comprends totalement qu’ils aient besoin de se réfugier dans le rêve et l’oubli. Il ne faut pas interdire bêtement, il faut travailler sur les dangers. Leur expliquer que tous les alcools ne sont pas équivalents entre eux, qu’un cocktail alcoolisé avec des jus de fruits soûle beaucoup plus rapidement et peut être plus dangereux qu’un verre de vodka pur. Je préférerais par exemple que l’on prenne enfin à bras-le-corps le problème de l’alcool au volant, qui se résoudra par de la prévention et non par de la répression. Il ne faut pas prendre les jeunes pour des idiots.
(1) Les ados sont insupportables… Mais ce sont nos enfants !, Ed. Michalon, 224 pages-17 €.
Le baclofène, un myorelaxant, pourrait aider à lutter contre l'alcoolisme. Cette capacité du ...
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L'interdiction de vente aux mineurs nous semble indispensable. La publicité en elle-même est à limiter, mais tout interdire n'est pas la solution.
Nous préférons favoriser le dialogue et le témoignage pour prévenir des risques liés à l'alcool. Vous pouvez d'ailleurs consulter ces témoignages sur http://alcool-etc.tk .
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Six ans et demi après avoir effectué la première greffe du visage au monde, le 27 novembre 2005 ...
bienconscient, le 25 mai à 23:20
Le grand roi soleil, donneur de leçon , ayant les solutions à résoudre les problèmes ...
lukos, le 25 mai à 23:20
Il a quoi lui déja? le ministère de l´impotence...euh...pourquoi pas!
nellyolson, le 25 mai à 23:17
nellyolson, le 25 mai à 23:15
bravo lui qui prone haut et fort la tolérance il ne donne pas l'exemple en insultant les ...
rickky, le 25 mai à 23:10
Ba moi, je me souviens d'une mère au foyer convoquée au commissariat pour délit d'opinion ...
nellyolson, le 25 mai à 21:32
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HeyBaal, le 25 mai à 21:45
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Bluesun, le 25 mai à 13:07
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pasloi, le 25 mai à 22:30
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rafale, le 25 mai à 21:24
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