
Israël - Les regrettables “regrets” de Bernard Kouchner
Philippe Cohen-Grillet, le jeudi 19 novembre 2009 à 04:00
En nouveau français, cela s’appelle un « service minimum ». Mercredi, le ministre tricolore des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a « regretté » la décision d’Israël de construire près de 900 nouveaux logements à Jérusalem-Est. Mieux, le chef de la diplomatie française a appelé à reprendre les négociations politiques « face à face », lors d’une visite en Israël.
« C’est évidemment une décision que nous regrettons. Mais en même temps, ça a toujours été fait ainsi. Pour le moment, il faut repartir dans des discussions humaines, face à face, les yeux dans les yeux », a-t-il dit après la signature à Jérusalem d’une convention de réhabilitation d’un hôpital de Gaza. Comme quoi, la diplomatie est un métier (à haut risque), car ces déclarations se distinguent par leurs tiédeurs, comparées à d’autres condamnations, sans appel, émanant pourtant d’amis d’Israël. Ainsi, Washington s’est dit « consterné » et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rappelé que les colonies juives étaient « illégales ».
Le dialogue méthode Coué
La partie orientale de Jérusalem, où vivent quelque 200.000 Israéliens installés dans une douzaine de nouveaux quartiers ainsi que 270.000 Palestiniens, a été conquise durant la guerre de juin 1967 puis annexée. Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale qui continue à demander un arrêt total de la colonisation. La classe politique israélienne a défendu la décision de construire de nouveaux logements à Gilo. « Gilo est un consensus israélien et il faut le comprendre pour toute discussion sur les frontières permanentes dans le cadre d’un futur accord de paix », a souligné dans un communiqué la chef de l’opposition, Tzipi Livni, après avoir rencontré Bernard Kouchner.
La décision israélienne survient au moment où le contentieux sur la colonisation entrave les efforts de relance du processus de paix, en particulier américains. Lors d’une escale mardi à Amman, Bernard Kouchner a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas pour lui renouveler la « confiance » de la France. « Il est déterminé à retourner à un processus de dialogue politique. C’est l’urgence », a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre français. « Nous avons parlé de la paix, de la nécessité impérative, immédiate, de revenir à des discussions politiques. La nécessité pour l’avenir, pour les deux parties, est de reprendre les négociations politiques », a réaffirmé Kouchner.
Durant sa visite éclair en Israël, M. Kouchner devait encore rencontrer le Premier ministre Benyamin Netanyahou ainsi que le président Shimon Peres et le ministre de la Défense Ehoud Barak à Tel Aviv.




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