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Prothèses mammaires - Convoitises autour d’une reprise

Publié le 15 juillet 2010 à 05h45
Mis à jour le 14 juillet 2010 à 17h46

Placée en liquidation judiciaire, l’entreprise varoise PIP, spécialisée dans les implants, intéresse deux candidats repreneurs que le tribunal de commerce de Toulon devrait départager avant la fin du mois.

S’il est un marché juteux par excellence, c’est bien celui des prothèses mammaires. L’attrait suscité par la reprise du fabricant PIP-Poly Implant Prothèse, spécialisé dans ce type de produits, en fournit une preuve particulièrement éclatante. Qu’on en juge. Alors que cette entreprise basée à La Seyne-sur-Mer (Var) cumule la double particularité, pour le moins handicapante a priori, d’être en liquidation judiciaire et de faire l’objet de fort soupçons de fraudes graves, à l’origine de centaines de plaintes de femmes porteuses des prothèses de marque PIP, deux sociétés ne semblent pas avoir trop hésité à se porter candidates à sa reprise. Elles ont été auditionnées devant le tribunal de commerce de Toulon. A huis clos, comme il se doit, s’agissant d’un dossier aussi sensible… Le juge commissaire du tribunal s’est donné une quinzaine de jours pour statuer sur l’éventuel repreneur éventuel de PIP. Mais quelques informations ont malgré tout « filtré » sur le « profil » des entreprises candidates.


Prudente circonspection

L’une est française et a son siège à Albi (Tarn-et-Garonne). Son désir serait ardent et son ambition affichée peut-être un peu plus grande, semble-t-il, que sa capacité de financement. L’autre est implantée à New York. Mais cette société américaine semble, elle, faire preuve d’une prudente circonspection puisque selon le délégué CFDT de PIP, Eric Mariaccia, elle ne s’engagerait à reprendre que 40 salariés sur 120 et aurait prévenu qu’elle entendait illico presto changer le nom de PIP. De fait, « l’affaire PIP », qui a éclaté le 30 mars avec la révélation par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) que les prothèses fabriquées dans le Var étaient retirées du marché, n’a pas manqué d’avoir de fâcheuses répercussions sur l’image et la réputation de l’entreprise, placée aussitôt ou presque en liquidation judiciaire. Selon des éléments recueillis par les enquêteurs du pôle santé du parquet de Marseille, PIP utilisait un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré aux autorités sanitaires. Avec pour conséquence un taux de rupture des implants très anormal, de l’ordre du double en termes de fréquences, par comparaison avec les autres fabricants.


Marché porteur

Cependant, ce n’est pas sans raison si l’entreprise PIP suscite toujours des convoitises et si le personnel dénonce « les agissements toujours opaques qui continue à planer » autour d’elle. Le marché des prothèses mammaires reste à la fois important et très porteur, avec d’ores et déjà plus de 500.000 porteuses d’implants mammaires en France. En outre, la société PIP a connu un succès commercial plus que remarquable à l’international. Exportant 90 % de sa production auprès de plusieurs centaines de milliers de clientes, elle est même parvenue à se hisser au troisième rang mondial de son secteur d’activité. De quoi faire saliver plus d’un investisseur.

Par J.-P. Th.
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