Rugby - Lomu enchante Marseille
Jonah Lomu posant devant un panorama du Vieux-Port, l’image serait passée pour un montage il y a quelques années. Pourtant, à l’entendre, signer au Marseille Vitrolles Rugby, en Fédérale 1, était finalement logique, après avoir été éloigné des terrains en raison d’une anomalie rénale. « C’est un défi intéressant pour moi d’aider cette équipe à monter en deuxième division, témoigne-t-il. J’étais vraiment impatient d’arriver ici, et finalement, j’y suis ! » Claude Atcher, le président du club, n’a d’ailleurs eu aucun mal à le convaincre. Il en est surpris lui-même. « Grâce à un ami commun, j’ai eu l’occasion de dîner avec lui. Je lui ai dit : “Pourquoi tu ne jouerais pas à Marseille ?” J’étais loin d’imaginer qu’il dirait oui ! Je n’ai eu aucun mérite. » Sauf peut-être celui d’oser poser la question.
Après quelques heures passées en France, Jonah Lomu est déjà comme chez lui, avec sa femme et son fils. « Je suis content que Marseille devienne ma maison pour les années à venir », témoigne-t-il, sourire aux lèvres. Pour l’heure, même s’il a envie de retrouver la compétition, il s’en donnera le temps et les moyens. « Je ne me suis pas fixé de date. Mais si je ne me sentais pas capable de jouer, je n’aurais pas décidé de revenir. Là, je me sens prêt. » Claude Atcher confirme que « nous n’allons pas lui mettre la pression ». Il rappelle que l’ancien Black a fait beaucoup de musculation depuis huit mois, mais qu’il doit encore retrouver ses sensations sur le terrain.
Transmettre son expérience
En attendant, Lomu se prête de bonne grâce à ses nouvelles obligations, en rencontrant notamment des jeunes pour leur montrer que « le rugby peut être un facteur d’intégration et de promotion sociale », explique son président. Transmettre son expérience, voilà ce qui lui importe désormais. « Je viens pour apporter tout mon savoir, tout ce qui est en moi. J’ai envie de partager tout cela, surtout avec les jeunes joueurs. » Une envie qui plaît déjà beaucoup à Alain Hyardet. Le coach n’avait jamais imaginé croiser le colosse, « puisque je pensais que le seul moyen aurait été d’entraîner les Blacks ou de travailler en Nouvelle-Zélande ! ». Impressionné par le joueur, l’ancien entraîneur de Montpellier est surtout admiratif de l’homme. « Pourquoi vient-il à Marseille ? Sa réponse est simple : il ne veut pas être vaincu par la maladie. Il démontre des valeurs et un engagement terribles. L’équipe doit maintenant se hisser à son niveau. Ce sera notre leitmotiv aussi : lutter pour n’être vaincus par personne. »
Alors qu’il n’a même pas encore rechaussé les crampons, l’effet Lomu est déjà à l’œuvre autour de lui.
« Maintenant, tout le monde sait qu’il y a un club de rugby à Marseille », se félicite le coach. Le Néo-Zélandais était peut-être le seul à pouvoir accomplir cet exploit, dans une ville résolument tournée vers le ballon rond. C’est déjà ça.
© Même si Lomu (à gauche) n’est pas encore prêt à reprendre la compétition, il fait déjà le bonheur du président de son club, Claude Atcher / AFP
France Soir





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