Santé

Grippe A (H1N1) - Pour ou contre la vaccination ?

Marie Conquy, Guillaume Rameaux, le samedi 14 novembre 2009 à 04:00

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Spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, le professeur Marc Gentilini, est membre de l’Académie de médecine et ancien président de la Croix-Rouge française. Il explique à France-Soir les raisons de son opposition à la campagne de vaccination. De l'autre côté, le Pr Jean-François Delfraissy, coordinateur des recherches menées à l’Inserm sur le virus H1N1, rappelle que tout traitement, même efficace, comporte une part de risque.


FRANCE-SOIR. Que pensez-vous de cette campagne de vaccination ?
MARC GENTILINI.
Je suis un peu réservé. Je ne vois aucune urgence à vacciner massivement, d’autant que cette campagne risque de déstabiliser le système de santé français pendant plusieurs mois. Les descriptions dramatiques qui nous ont été faites au sujet de cette grippe depuis avril ne sont pas d’actualité. En 2005, on nous avait décrit le même scénario catastrophe au sujet de la grippe aviaire, pour rien. Ces fausses alertes coûtent trop cher à la France et à la Sécurité sociale.

Pensez-vous que le vaccin soit dangereux ?
Je ne pense pas car il répond aux critères que l’on applique dans la fabrication de tout nouveau produit biologique. Il n’en reste pas moins que c’est un produit neuf, et que tous les vaccins ont une possibilité, même infime, d’engendrer des complications. Mais il est certain que le cas de syndrome Guillain-Barré ne va pas faciliter l’acceptation de la vaccination par le public. Il faut bien reconnaître que 1/53.000, ça fait beaucoup.

Pensez-vous que la dangerosité de la grippe A soit surévaluée ?
Quand je regarde les autres urgences sanitaires dans le monde, je ne comprends pas cette fixation sur la grippe A. Un milliard d’hommes affamés sur terre m’inquiètent plus que ces quelques décès, chez des gens qui, la plupart du temps, avaient des facteurs de risque. Chaque année, plus d’un million de personnes meurent du paludisme dans l’indifférence générale.

 

 


FRANCE-SOIR. Les Français doivent-ils se méfier du vaccin contre la grippe A ?
JEAN-FRANÇOIS DELFRAISSY.
La réponse est non. Tout vaccin, comme tout médicament efficace, peut entraîner des effets secondaires, tout d’abord localement. J’ai été vacciné moi-même, et la piqûre est effectivement plus douloureuse que pour les autres vaccins. On a mal dans le bras pendant quarante-huit à soixante-douze heures. Il y a ensuite des risques plus importants, d’ordre immunologique. Pour le syndrome Guillain-Barré, la fréquence est située entre 1 cas sur 100.000, et 1 cas sur 1 million. En comparaison, le risque d’avoir une forme grave de la grippe A est entre 1 cas sur 1.000 et 1 sur 5.000. Il y a plus de bénéfices à se faire vacciner.

 

L’apparition de ce syndrome ne remet donc pas en question la campagne de vaccination ?
A mes yeux non. Si dans trois semaines, il y a 50 cas, la question pourra être posée. Mais pas dans les circonstances actuelles. Le vaccin est disponible, peut être même en trop grande quantité, étant donné qu’on sait désormais qu’une seule injection sera suffisante dans la majorité des cas. Et, de plus, il est gratuit. La campagne est donc une démarche très démocratique.

Comment expliquer la méfiance des Français ?
Les messages passés n’étaient peut-être pas les bons. On a été très citoyens, et on a beaucoup laissé parler des gens qui sont contre le vaccin. Pour l’instant, l’endémie est en cours, et la maladie semble encore virtuelle. Seulement on commence à la voir autour de nous, particulièrement chez les jeunes. C’est une maladie bénigne, mais les gens ne sont pas bien pendant plusieurs jours. Au fur et à mesure que les cas vont survenir, dont certains graves malheureusement, on va assister à une prise de conscience.

 

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3 commentaires

Vos commentaires

moune, le lundi 16 novembre 2009 à 06:39 moune
En France il y a ceux qui sont contre et qui le crient très fort et influencent les indécis, et il y a ceux qui sont pour et qui se taisent en attendant leur vaccin. Ma fille a fait la queue pendant 4 heures à Montréal pour se faire piquer. Ils étaient 375 OOO ce jour là au stade olympique, elle est étonnée de ce qui se passe ici.
moune, le lundi 16 novembre 2009 à 06:46 moune
LaJe répète que la vaccination n'est pas obligatoire, alors pour ou contre le vaccin, taisons nous. Les autres pays nous regardent. Je pense que les médias devraient se taire également. Nous allons bientôt recevoir les convocation et en toute démocratie chacun fera ce qu'il voudra, c'est tout simple.
lolu.camus@gmail.com, le vendredi 27 novembre 2009 à 22:56 une maman
Je voudrais juste avoir le droit d'aller faire vacciner mes 4 enfants. Mon fils aîmé doit être vacciné au collège...peut-être avant les vacances de Noël. Mes autres enfants, jeunes mais pas "prioritaires", auront besoin de 2 injections pour être immunisés. Quand seront-ils hors de danger ? Il est temps d'accélérer et d'assouplir les procédures, nous sommes des personnes pas des statistiques. Faites entrer les généralistes dans le processus de vaccination que nous puissions enfin réagir en adultes libres face à cette grippe. Merci pour nous, je crois que le temps presse!

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