Séries

Pigalle sous les projecteurs

Lisa Gougué, le lundi 23 novembre 2009 à 04:00

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La nouvelle série de Canal+, portée par Jalil Lespert, installe son décor dans le célèbre quartier parisien.

Pigalle, ses sex-shops, ses « p’tites femmes », ses guerres de territoire… Cet endroit connu comme la plus grande vitrine érotique de Paris est la vedette de la nouvelle création originale de Canal+ dont les deux premiers épisodes (sur huit au total) sont diffusés ce soir.

Pigalle, la nuit suit un trentenaire à la recherche de sa sœur. Au cours d’un voyage d’affaires à Paris, Thomas (Jalil Lespert) reconnaît Emma (Armelle Deutsch) qu’il avait perdu de vue après la mort de leurs parents. Elle était photographe, elle est devenue strip-teaseuse.

Avant que son frère n’ait pu lui parler, la jeune femme se volatilise. Inquiet, Thomas se tourne vers Nadir (Simon Abkarian), le patron d’Emma. Egalement directeur du Sexodrome, le plus grand sex-shop d’Europe, celui-ci voit sa suprématie menacée par l’ouverture d’une nouvelle boîte branchée…

Flirt avec le glauque

Volontiers sombre et sulfureux, Pigalle, la nuit flirte avec le glauque, sans jamais basculer. Dans cet univers déviant, les femmes sont peu vêtues et se déhanchent sur des airs langoureux. Au-delà de l’apparence, la série fait évoluer une galerie de personnages denses. Filmée dans un souci de réalité, la série donne à voir un quartier étincelant dans lequel gravitent des figures inquiétantes. Simon Abkarian incarne avec force un parrain du marché du sexe flambeur et agressif.

Le quartier est montré sous ses deux visages, celui de la nuit, qui fait sa réputation, et celui des habitants qui agissent pour préserver leur environnement. Polar haletant et efficace, Pigalle, la nuit lorgne parfois vers le fantastique avec les interventions oniriques d’un mystérieux personnage.
Pigalle, la nuit, ce soir à 20 h 50, sur Canal+.

 


Jalil Lespert : “On retrouve l’énergie des lieux”


L’acteur de Virgil et Le Petit Lieutenant tient le rôle de Thomas, personnage central de Pigalle, la nuit.

FRANCE-SOIR. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à accepter le projet ?
JALIL LESPERT.
L’originalité, l’audace, l’écriture du scénario, le talent de metteur en scène d’Hervé Hadmar et le personnage de Thomas. C’est un vrai héros, dans une progression constante. Il connaît une descente aux enfers aux cours de laquelle il se révèle.

Connaissiez-vous déjà Pigalle ?
Oui, car je suis Parisien. J’ai vécu sept ans dans le quartier de la Goutte-d’Or. Je sortais souvent à Pigalle car c’était près et pas cher.

La série reflète-t-elle la réalité du quartier ?
On en retrouve l’énergie sans tomber dans le sordide. La série joue aussi sur les fantasmes qu’évoque Pigalle.

Comment le tournage s’est-il déroulé ?
Nous avons surtout travaillé en décors naturels, de nuit. Les passants réagissaient sans savoir que j’étais en train de jouer, donc c’était plutôt un atout.

 


Yasmine Belmadi dans son dernier rôle

Dans Pigalle, la nuit, il joue Jamil, le bras gauche de Nadir (Simon Abkarian). Yasmine Belmadi est décédé en juillet dernier d’un accident de scooter, à l’âge de 33 ans. Quelques jours plus tard, sortait en salles Adieu Gary, dont il partageait l’affiche avec Jean-Pierre Bacri. Le film avait reçu le Grand Prix de la Semaine de la critique au Festival de Cannes. Le jeune comédien avait tourné dans plus d’une douzaine de film, dont Les Amants criminels, de François Ozon et Beur, blanc, rouge, de Mahmoud Zemmouri.

Edition France Soir du lundi 23 novembre 2009 page 26

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