“Le RSA devrait être accordé aux jeunes sans conditions”

Michel Fize (*) est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Spécialiste des questions d’adolescence, de jeunesse et de la famille, il a écrit de nombreux ouvrages sur ces thèmes. Selon lui, Nicolas Sarkozy est bien conscient de la nécessité d’agir en faveur des jeunes, mais devrait aller plus loin.

FRANCE-SOIR. Que pensez-vous des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ?
MICHEL FIZE.
Je crois que toutes les mesures qui marquent l’intérêt pour les jeunes ne peuvent qu’être appréciées. Et je ne fais pas d’idéologie, mon souci, c’est l’efficacité sociale. Par ailleurs, ces mesures sont dans la continuité de celles que nous proposons depuis quinze ans.

Les jeunes sont-ils une priorité pour le gouvernement ?
Le président de la République est un homme au contact des réalités et très sensible à ces questions de jeunesse. Il n’a sans doute pas oublié le mouvement anti-CPE de 2006 ni la grande crise des banlieues de l’automne 2005. Il sent très bien la menace qu’il y aurait à ne pas agir. On peut lui être reconnaissant de continuer à manifester son intérêt sur ces questions. Il y a un effort louable, mais qui reste insuffisant. Il faut aller jusqu’au bout des bonnes idées.

Vous faites allusion à l’extension du revenu de solidarité active (RSA) ?
Oui. Il faut accorder le RSA aux moins de 25 ans sans conditions, sauf celle des ressources des parents. La condition annoncée par Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire de demander à ces jeunes d’avoir travaillé deux ans au cours des trois dernières années, est trop restrictive. Ce RSA va pouvoir bénéficier à quelques 22-24 ans, mais pas davantage. Dans ce cas, le problème de l’autonomie des moins de 25 ans va continuer à se poser. En parallèle, on peut imaginer proposer à ces jeunes un accompagnement, c’est-à-dire une formation ou un soutien scolaire. Mais cela doit être un droit et non une obligation.

Quelles autres mesures pourraient, selon vous, aider les jeunes ?
Toujours dans le domaine de l’emploi, je suis favorable à la réhabilitation des emplois jeunes, en proposant une formation aux bénéficiaires afin de leur permettre de trouver des emplois normaux ensuite. Pour le logement, il faudrait redorer le blason des foyers de jeunes et les résidences universitaires. Il faut également assouplir les conditions d’accès à des logements indépendants. L’Etat pourrait, par exemple, se porter garant. En matière de santé, il faut développer un accès gratuit et anonyme aux soins des jeunes, car les étudiants ne sont pas en bonne santé.

Il y a de quoi se réjouir ?
Il est trop tôt pour le dire. L’application de ces propositions rendrait le plan pleinement efficace. Dans le cas contraire, nous allons rester en dessous des besoins. Par ailleurs, la création d’un haut-commissariat à la Jeunesse est une grande avancée, mais il faudrait l’élargir et le transformer afin de créer une vraie structure dédiée à la jeunesse et à la solidarité.

(*) Le Livre noir de la jeunesse, Presses de la Renaissance (2007).

Michel Fize / Photo SIPA © Michel Fize / Photo SIPA

Ajouter un commentaire

(Votre adresse email ne sera pas divulguée)
Partager
d95116331ff202441f0f25e1b24e32f0-matignon.jpg Actualité

Qui devrait succéder à François Fillon comme Premier ministre?

Alors que le remaniement du mois d'octobre est acté, les spéculations vont bon train pour savoir qui remplacera François Fillon à Matignon.

choice1283744783
votants: 
2289
Une dame qui n'aime pas les chats
Comment se débarrasser d'un chat inoffensif... Lire la suite
Il joue du piano sans les mains !
Ce jeune Chinois joue du piano... avec ses pieds ! Lire la suite