Covid-19: Une usine de masques à Paris c’est possible!

Covid-19: Une usine de masques à Paris c’est possible!

Publié le 22/04/2020 à 21:47 - Mise à jour le 24/04/2020 à 15:49
France Soir
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Auteur(s): France-Soir, Interview réalisée par Xavier Azalbert

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INTERVIEW EXCLUSIVE : Mr Hsueh Sheng Wang, PDG d’Eurasia

Après le 11 mai date de début du déconfinement, les Français vont sortir masqués. Certains élus ont appelé à les rendre obligatoires dans les transports en commun.  La demande de masques pour l’ile de France va être massive et pour y faire face, une usine de fabrication de masques va ainsi ouvrir ses portes aux portes de Paris au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis.  Le porteur du projet Hsueh Sheng Wang franco-chinois du Blanc Mesnil plus connu pour ses activités immobilières Eurasia a répondu à nos questions :

HSW : Avant toute chose, je tiens à vous dire que ce projet solidaire n’aurait pas pu voir le jour sans l’implication totale de Madame Valérie Pécresse et son collaborateur Mr Patrick Karam avec qui nous avons des relations de longue date.  C’est la solidarité franco-chinoise qui a joué ici.

En France en ce moment les masques ont un effet psychologique.  Regardez les polémiques créées.  C’est la carence de masques qui a rendu les gens nerveux, pas les masques eux-mêmes.  Si on dit aux Français, les masques sont disponibles et ce n’est pas un problème et que l’on se veut rassurant alors il n’y aura pas de panique.

France-Soir : Décrivez-nous la naissance de ce projet ?

HSW : Depuis le début de l’épidémie, nous avons commencé à faire des dons de masques en Seine St Denis (500 000 masques), région très peuplée d’ile de France où nous sommes implantés depuis 42 ans.  Nous nous sommes heurtés à de multiples problèmes logistiques pour faire venir les masques de Chine car il n’y avait plus d’avion. 

En France, c’est facile de faire un don que l’on défiscalise, mais gérer une chaîne logistique d’approvisionnement en masques c’est un autre travail et un vrai défi avec de multiples complications. Ce n’est pas mon travail habituel, mais la crise sanitaire a fait que nous devions aider nos concitoyens. Cepndant, construire une usine de fabrication de masques, je n’avais jamais fait.

FS : Comment avez-vous monté le projet ?

HSW : Avant tout, je suis une personne solidaire dans la crise actuelle. J’avais l’entrepôt et les contacts en Chine. Une usine de masques est un process complexe, soumis à de multiples réglementations et autorisations (ANSM). 

FS : Comment fait-on pour monter une usine en 2 semaines ?

HSW : En temps normal, il faudrait peut-être 6 à 8 mois pour obtenir toutes les autorisations. Les intérêts de tous devaient être alignés en un temps record sinon cela n’aurait servi à rien de faire ce projet, il serait arrivé trop tard, j’aurai gardé mon entrepôt et les franciliens n’auraient pas eu de masques !  Ce n’est pas qu’un problème de financement.  Un projet d’intérêt sanitaire comme celui-ci n’est rendu possible que parce que tout le monde a travaillé dans le même sens.

Valérie Pécresse, Patrick Karam ont vraiment joué un rôle important en nous coordonnant avec l’administration et les ministères pour obtenir les autorisations en un temps record.

Ce qui veut dire qu’en France quand on veut on peut !

FS : Pourquoi la ville du Blanc-Mesnil ?

HSW : C’est un endroit important pour nous comme la Seine-Saint-Denis, j’y vis depuis 20 ans.  De plus, le Maire du Blanc-Mesnil, Thierry Meignen a eu cette volonté et nous a accompagnés avec la région.

FS : Combien de salariés et de nouveaux emplois ?

HSW : Ce projet est avant tout solidaire et on doit s’adapter à la situation.  Si le besoin est là, l’usine pourrait tourner avec 3 équipes (faire les 3 x 8).  Plus on va embaucher, plus cela voudra dire que la situation est mauvaise.  Je préfère fermer l’usine car cela voudra dire que la situation est meilleure !

FS : Quelle est votre capacité de production de masques ?

HSW : Nous devrions produire 500 000 masques chaque jour, donc pratiquement 9 masques par personne pour Le Blanc-Mesnil. La cadence de production normale est de 100 à 120 masques par minute et nous fabriquerons les deux types de masques 20% de FFP1 et 80% de FFP2.

FS : D’où viennent les machines et les matières premières ?

HSW : Les machines vont venir de Chine, par avion-cargo à partir de lundi prochain.  La chaîne de production a été coupée en six car les machines font 2.2 tonnes et 20m3. Le plus gros problème est de trouver la matière première, à ce jour, nous n’avons pu sécuriser que 2 mois de matière première de Chine car tout le monde veut la même chose ! Nous travaillons à trouver des alternatives, peut-être en France.

FS : A qui réservez-vous les masques ? Sont-ils déjà vendus ?

HSW : Ici on travaille avec le ministère en fonction des mesures qu'ils mettront en place.  La priorité est bien-sûr l’Ile de France.  Le prix sera contrôlé par l’Etat, je pense entre 40 et 60 centimes par masque.

FS : Quels moyens sont requis pour monter ce projet ?

HSW : Le montant total de l’investissement est de 4 millions d’euros, 1.4 millions pour les machines, la salle blanche 0.5 million d’euros et 2 millions pour les matières premières.

FS : Avez-vous d’autres projets de ce type en France ?

HSW : Oui bien-sûr dans d’autres villes en Normandie, en Bourgogne, et dans le Nord, on est prêt à amener 50% du financement, mais on attend que les pouvoirs publics se mobilisent car sans cela ça ne sert à rien.

FS : Qu’aimeriez-vous que vos enfants retiennent de cette crise ?

HSW :  Mes enfants ont eu moins de difficultés que beaucoup.

Quand il n’y a pas de douleur, on ne se rend pas compte de la chance que l’on a. Ils vont apprendre de cette crise, comme nous tous.

 

Auteur(s): France-Soir, Interview réalisée par Xavier Azalbert


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