Hervé Falciani sur le Swissleaks: "si on tire les ficelles, ça va être un raz-de-marée"

Hervé Falciani sur le Swissleaks: "si on tire les ficelles, ça va être un raz-de-marée"

Publié le :

Jeudi 12 Février 2015 - 09:49

Mise à jour :

Jeudi 12 Février 2015 - 12:20
Hervé Falciani, l'ancien employé de HSBC qui a dérobé à la banque les fichiers à l'origine du SwissLeaks était ce matin l'invité de RMC/BFMTV. Il décrit un vaste et obscure réseau financier impliquant services secrets, hommes politiques et de nombreuses banques.
©Andrea Comas/Reuters
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Comment est-il protégé en France des inculpations suisses d'espionnage économique?

"Je suis protégé à différents niveaux. Mais aujourd'hui, les principales protections, même pour ma famille, ne sont pas françaises".

"C'et un monde complexe, ni blanc ni noir. Des fonctionnaires courageux cherchent à aider les lanceurs d'alerte. Des gendarmes, des fonctionnaires anonymes ont voulu nous aider et se sont fait +placarder+".

 

Les conditions du vol de données

"Cela s'est fait dans des conditions particulières. Ce n'était pas au sein de la banque mais en dehors. Il y a des pays plus courageux que la France qui utilisent leurs services secrets pour l'intérêt général, je parle de la CIA. C'est surement, de ma conviction intime, grâce à eux"

"J'ai eu la charge d'assurer l'intégrité et la complétude des informations. J'y ai accédé par un Cloud. Vous téléchargez des films, je télécharge des données. +On+ me les a mises à disposition".

 

L'ampleur du phénomène

"On parle du blanchiment d'argent mais le pire c'est le noircissement. Vous ne savez plus qui est payé par qui. Vous pouvez corrompre. C'est le pouvoir de la banque qui s'exerce. Aujourd'hui on nous ment sur nos lois".

"Monsieur Sapin peut-il m'affirmer que les noms cachés derrières ces mécanismes seront connus un jour"?

"HSBC prouve que cette fraude fiscale est de plus en plus adaptée aux régulations. (…) Si on tire les fils vers toutes les sociétés concernées, ça va être un raz de marée, mais on n'a pas les moyens".

 

Les accusations de mythomanie, de vengeance personnelle suite à un refus d'augmentation

"C'est le principe mafieux de base. J'ai toujours crû en termes de salaire et ça a été prouvé par la justice suisse. J'ai été promu deux mois avant de quitter HSBC, j'avais déjà le regard ailleurs vers Pictet. C'est une banque à regarder pour comprendre les finances de l'ombre".

"Nous avons un pirate en chef au gouvernement de l'Europe, Jean-Claude Juncker (président de la commission européenne mis en cause dans le LuxLeaks NDLR). (…) C'est lui qui aujourd'hui s'affiche comme le redresseur de tord. C'est une honte."

 

Des pressions en France

"C'est la boîte de Pandore. Vous avez des anciens premiers ministres qui ont à l'amiable régulariser leur situation. C'est ce qu'on m'a dit, je n'ai pas les preuves mais il y a de quoi enquêter. Je ne m'occupe pas des noms".

"Aujourd'hui, on est dans la résistance. Il y a des collabos. (…) C'est pour ça que la société civile et non les technocrates doivent avoir la main".

"Quand la  garde des Sceaux (Michèle Alliot-Marie à l'époque) envoie les documentsoriginaux en Suisse, c'est de la destruction de preuves".

 

La situation des lanceurs d'alertes

"On travaille avec des formations qui sont dans la contestation, Podemos (le parti de gauche radicale espagnol), Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly. C'est un projet de vie commune d'intérêt général, c'est hors politique. On a besoin de pain et de jeux pour être heureux, mais le pain on va bientôt en manquer".

"On n'a pas les moyens de payer nos avocats, d'aller plus loin. Je dis à M.Sapin +vous avez les bourses pour financer l'action+".

HSBC prouve que cette fraude fiscale est de plus en plus adaptée aux régulations", dit Hervé Falciani.


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