L'euro numérique: une monnaie européenne pourra-t-elle combattre les crypto monnaies des GAFAM?

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L'euro numérique: une monnaie européenne pourra-t-elle combattre les crypto monnaies des GAFAM?

Publié le 14/10/2020 à 10:57 - Mise à jour à 12:04
© Justin TALLIS / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir

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 La présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a lancé lundi  12 octobre une consultation publique et une série de tests pour l'adoption de l'Euro numérique. La pandémie a accéléré le développement des paiements dématérialisés, ce qui fait monter la pression pour mettre en place un euro "digital" qui prendrait la forme de monnaie électronique à même de concurrencer les initiatives internationales dans le secteur des crypto monnaies, comme le projet Libra de Facebook.

La pandémie: un moment propice aux transactions numériques

La distanciation sociale et l’épidémie modifient les habitudes de paiement des consommateurs: ils perçoivent l'argent liquide comme un vecteur d'infection potentielle, malgré l'absence de preuves de risques spécifiques d'infection associés à l'utilisation des billets de banque et des pièces de monnaie. Ils sont donc de plus en plus nombreux à éviter de manipuler les espèces, pour leur préférer les paiements sans contact et en ligne. "Les Européens se tournent de plus en plus vers le numérique dans leurs modes de consommation, d'épargne et d'investissement", explique Christine Lagarde. La mise en place d'une monnaie virtuelle permettrait de répondre pleinement à ces changements d'usages, en facilitant pour tous “les paiements quotidiens rapides, faciles, et sécurisés", explique la BCE dans un rapport publié début octobre.

Un portefeuille virtuel ne remplacerait pas le compte en banque

Avec ce nouvel Euro numérique, des limites seront mises en place pour éviter que les usagers ne migrent massivement leur argent vers cette nouvelle monnaie, pour éviter les frais d'un compte de dépôt classique. Une migration massive fragiliserait les banques de la zone euro, d'autant plus en cette période de crise économique. La BCE propose notamment de limiter le nombre d'euros numériques que chacun pourrait posséder ou échanger.

L’Euro numérique n'est pas une crypto monnaie mais pourrait être une alternative aux monnaies virtuelles des géants du net

La BCE précise que l'euro numérique n'est pas une «stablecoin» comme pourrait l'être Libra, la crypto monnaie de Facebook. Son fonctionnement relève bien de la technologie blockchain comme le bitcoin, mais sans les risque de volatilité des crypto-monnaies. L'euro numérique serait une forme de monnaie de banque centrale sans risque (c'est-à-dire une représentation numérique d'espèces). Elle sera émise par la banque centrale et demeure sa responsabilité à tout moment ce qui garantit que le «pouvoir d'achat» de la monnaie ne fluctue pas au delà d'un seuil prédéfini.
Selon le rapport de la BCE, toutes les formes de «stablecoins» ont pour objectif de garantir une valeur stable dans le temps, mais cela ne peut être garanti que par un euro numérique. Selon Fabio Panett, le président du groupe de travail pour concrétiser une monnaie virtuelle européenne, un Euro numérique renforcerait la souveraineté financière de l'UE qui risque de se voir menacée par une monnaie internationale.
Pour l'instant ni Libra, ni aucun projet mondial de stablecoin ne verra le jour tant que le G7, composé des États-Unis, du Japon, du Canada, de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni, n'aura pas adopté de cadre réglementaire approprié. 

Une consultation et des tests avant de se lancer sur la crypto monnaie européenne

Pour connaître les attentes du grand public, du secteur financier et des institutions, une consultation de trois mois a été mise en place . Des "tests" seront menés pendant six mois. Une décision sera prise "vers la mi-2021", mais on ne verra pas se concrétiser le projet avant 18 mois et jusqu'à 3 ou 4 années après la consultation.

Il faut cependant nuancer la portée des efforts de l'Union Européenne et des États pour répondre aux initiatives des géants du net en matière de crypto monnaies. Selon le spécialiste Alexandre Stachtchenko, cofondateur de la start-up Blockchain Partner, interrogé par Capital, Facebook et ses partenaires pourraient se doter de pouvoirs inédits et dicter leur loi sur le marché monétaire grâce à des projets comme Libra. Face à cela, des monnaies comme l'Euro numérique ne feront pas le poids, et la seule réelle défense pourrait être d’empêcher purement et simplement la mise en place du projet Libra, avec des interdictions et régulations adaptées.

Auteur(s): FranceSoir


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Pour connaître les attentes du grand public, du secteur financier et des institutions, une consultation de trois mois a été mise en place

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