Policiers et armes intermédiaires : quid de la formation ?

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Policiers et armes intermédiaires : quid de la formation ?

Publié le 10/06/2020 à 17:27 - Mise à jour à 20:02
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir

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La question de la formation revient dans les débats autour des forces de l’ordre alors que le pistolet à impulsion électrique devrait remplacer la technique dite de l’étranglement. 
 
Les propos et annonces de leur ministre de tutelle font bondir des syndicats de policiers, et tout particulièrement son exigence de « tolérance zéro pour tout soupçon de racisme » (ils dénoncent une présomption de culpabilité) et l’annonce de l’abandon de la « prise d’étranglement » lors d’interpellations. Pour Alliance Police Nationale, « la ligne a été franchie », tandis qu’Alternative Police exprime ni plus ni moins que son « dégoût ». 
 
Le torchon semble brûler entre Christophe Castaner et ces syndicats, mais dans les tracts diffusés, certaines remarques attirent l’attention.
 
« Vous envoyez des effectifs de sécurité publique faire du maintien de l’ordre sans formation ni matériel adéquat »
Des dizaines d'heures
 
Formation. Le mot est lâché, et revient d’ailleurs sur le devant de la scène avec l’annonce de la dotation des policiers en pistolets à impulsion électrique en lieu et place de la technique d’étranglement pour immobiliser un suspect. Ces armes dites « de catégorie de force intermédiaire », au même titre que le lanceur de balles de défense ou la grenade de désencerclement, sont loin d’être anodines et sans danger. 
 
Mathieu Valet, secrétaire national adjoint du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), l’a confirmé au Parisien : 
 
« Le pistolet à impulsion électrique n’est pas encore enseigné à l’école et il va falloir des dizaines d’heures de formation pour habiliter tous les collègues »
 
Il est vrai que dès 2009, le Conseil d’État a préconisé une formation spécifique afin que tout utilisateur, qu’il fasse partie de la police nationale, de la gendarmerie, de l’administration pénitentiaire ou d’une police municipale, puisse obtenir une habilitation individuelle. 
 
Trois tirs réussis, une habilitation pour 3 ans
 
Et encore là, on peut se dire que ce n’est pas une garantie. L’emploi du tristement célèbre LBD 40, une autre arme intermédiaire connue pour avoir causé de sérieuses blessures lors de récentes manifestations, est soumis à habilitation. Mais quelle habilitation… 
 
Des CRS s’étaient confiés à Europe 1 en janvier, sous couvert de l’anonymat, l’un d’entre eux déclarant : « La pauvreté de la formation n’est pas convaincante pour prendre la responsabilité d’une arme qui peut faire de très gros dégâts ». 
 
Pour obtenir « l’habilitation LBD », les agents suivent une journée de présentation de l’arme, effectuent trois tirs d’entraînement puis cinq tirs devant un examinateur, « par beau temps, de jours, sans stress et sans tenue de maintien de l’ordre sur le dos ». 
 
Trois tirs réussis dans une cible immobile à différentes distances sont la clé de l’habilitation personnelle délivrée pour… trois ans. Sa durée de validité avait été allongée d'un an en 2017, en raison d’un manque de formateurs et de munitions. « Cela s’applique presque pour tout, la formation coûte cher et demande du temps », témoignait un policier sur Europe 1. 
 
Des moyens supplémentaires pour la formation, il faudrait pourtant en trouver si la généralisation des pistolets à impulsion électrique est confirmée. 

Auteur(s): FranceSoir


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