Pâques : quand on teste les limites de la confiance des français, les cloches sonnent.

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Pâques : quand on teste les limites de la confiance des français, les cloches sonnent.

Publié le 12/04/2020 à 16:00 - Mise à jour à 23:02
Gino Crescoli de Pixabay
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Auteur(s): France-Soir

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Une défiance accrue dans la gestion de la crise par le gouvernement avant le discours de Macron lundi soir à 20h. De plus Il est exagéré de tirer la conclusion que les français sont majoritairement contre l’application de type StopCovid.

Les cloches du lundi de Pâques n’ont pas encore sonné mais le baromêtre Ifop indique que le gouvernement marche de plus en plus sur des œufs.  Les français confinés pensent à plus de 80% que le gouvernement a caché certaines informations. Pour 70% qu’il manque de clarté, qu’il ne donne pas tous les moyens aux infrastructures et professionnels de santé pour lutter efficacement contre le virus. Enfin pour 75% qu’il n’a pas réagi assez rapidement.

La confiance avec les français est en train de se tendre et ce de manière statistiquement significative.  En effet, la plupart des sondages sont effectués sur des échantillons de 1000 personnes et la marge d’erreur peut être retrouvée dans le tableau ci-dessous, ou l’on peut facilement calculer en fonction de la taille de l’échantillon le niveau de confiance dans l’observation. 

Avec 80% exprimant un manque de transparence de la part du gouvernment, sur un échantillon de 1000 personnes, le pourcentage réel est donc compris dans l’intervalle 80% +/-2,5% donc [77,5 – 82,5], (le 2,5% est pris du tableau ci-dessus).  On peut donc en conclure une véritable tendance significative.

Les français sonnent donc les cloches à l’action du gouvernement depuis le début de la crise.

Les français ont un désamour pour les métiers de l’information. Est-ce que la défiance entre les français et les médias peut être due en partie à une interprétation erronée d’un chiffre ?

Pour exemple, un sondage Ifop, paru hier sur la traçabilité, dit que 53% des français sont opposés au téléchargement obligatoire d’une application de type StopCovid permettant de les avertir qu’ils sont à proximité d’une personne infectée par Covid 19.  Ce même sondage fait état que 46% des français répondent positivement dans le cas d’une installation volontaire, 45% y répondent non et 9% ne savent pas. 

France Soir avait posé la question sur la traçabilité les 4 et 5 avril 2020 sur une base de 2100 répondants.  La question était : « accepteriez-vous la traçabilité électronique pour éviter la propagation des virus". Les résultats étaient différents avec seulement 23% des français qui exprimaient que c’était totalement impensable. Et 44% des français qui trouvaient cela tout à fait normal.

Nous retrouvons donc d’un sondage à l’autre 44% ou 46% qui acceptent l’idée de l’application.  Ce qui est différent c’est la proportion de « non ». D’un coté 53% ne sont pas en faveur et de l’autre seulement 23% trouvent cela impensable.

L’origine, de cette différence importante et significative, peut être expliquée de plusieurs manières : 

  • Demander aux français de but en blanc une obligation supplémentaire : Quand on impose une mesure encore faut-il qu’elle soit accompagnée de bons motifs. La ceinture de sécurité, si elle ne sauvait pas des vies, serait difficilement acceptable ; rendue obligatoire cela ne nous a jamais empêché de faire usage de la voiture.
  • La différence réside donc dans la manière de poser la question : Question de but en blanc ou question argumentée (pour éviter la propagation du virus) ; Obligation ou volontariat. Quand on explique à quelqu’un la raison du pourquoi et du comment, en général il peut comprendre et accepter même si cela représente une entrave à la liberté.
  • Une autre manière de regarder ce résultat est statistique. Il faut en effet interpréter ces résultats avec précaution car 53% d’opposants (à l’application) en tenant compte de l’erreur de mesure donne un intervalle de confiance de l’observation de [49,9 - 56,1].

Il est exagéré de tirer la conclusion que les français sont majoritairement contre l’application. Et une motivation pour retrouver de la liberté de mouvement pourrait les faire basculer vers un avis positif.  Reste encore à mettre en place ce dispositif de manière réellement temporaire.

Nous avons essayé de joindre Ifop afin d’évoquer ce point sans succès.

Lire aussi : 

La surveillance numérique dans le cadre des épidémies est-elle acceptable ? Etude France-Soir.

Auteur(s): France-Soir


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