Quel avenir pour les foires agricoles en France ?

Quel avenir pour les foires agricoles en France ?

Publié le :

Vendredi 11 Octobre 2019 - 11:44

Mise à jour :

Vendredi 11 Octobre 2019 - 14:46
Peggy und Marco Lachmann-Anke de Pixabay
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Auteur(s): Article Partenaire

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PARTENAIRE - À l’instar des vide-greniers, les foires au matériel agricole ont aussi connu leur heure de gloire en France. Elles sont l'occasion de trouver du matériel à un tarif intéressant, mais demeurent un lieu de rencontres, de partage et de convivialité. Ces foires permettent de dénicher de nouveaux partenaires et de comprendre les dernières tendances en matière d'élevage et d'agriculture. Mais, à l'heure où le milieu fait face à une importante crise, ces manifestations ont-elles toujours le vent en poupe ? Quel est l'avenir de ces foires en France ?
 
 
Les foires agricoles, événements incontournables pour professionnels et particuliers
 
Accessibles aux professionnels comme aux particuliers, les foires agricoles sont l'occasion de se réapproprier notre terroir en touchant du doigt les différents métiers issus du secteur rural. À la différence des salons, elles tendent à mettre l'accent sur le matériel agricole.
Néanmoins, la frontière entre ces deux types d'événements est de plus en plus floue. Les foires agricoles ne se contentent plus de vendre du matériel, mais organisent en parallèle moult activités. La plupart d'entre elles ont désormais les vocations suivantes :
Développer son réseau et trouver de nouveaux partenaires pour les professionnels ;
Assister à des concours pour récompenser les plus belles bêtes ou les meilleurs produits ;
Accéder à des conférences ou documents relatifs à l'univers agricole ;
Appréhender les tendances pour une agriculture plus durable, biologique et renouvelable ;
Acheter du matériel agricole d'occasion sur un site comme Agriaffaires ou se procurer les dernières nouveautés du marché ;
Faire découvrir ce milieu aux plus jeunes avec des fermes pédagogiques ;
Goûter à des produits de nos régions…
 
 
Plusieurs problématiques remettent en cause l'existence des foires agricoles
 
Malgré l'attrait certain que représentent les foires agricoles et les salons dédiés à l'agriculture, ces manifestations sont mises à mal, et certaines personnalités se questionnent sur leur intérêt. Pour preuve, à la fin de l’édition 2019 de la foire agricole de Montaigu de Quercy, le président du Codet, Michel Albugues, a même proposé un référendum d'initiative populaire pour savoir si cette manifestation devait encore continuer.
 
Dans les faits, la fréquentation des foires agricoles a subi une baisse conséquente cette année. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce constat. Tout d’abord, le climat social est particulièrement tendu en matière d'agriculture. Les agriculteurs se retrouvent confrontés à des pressions financières trop importantes, en ressentant un profond désamour des consommateurs, de plus en plus méfiants à l'égard de leurs pratiques.
Une autre résultante pourrait bel et bien découler de la prise de conscience progressive, voire sans limite de ces mêmes consommateurs. Soucieux de leur argent et du respect de leurs contraintes budgétaires, ils veillent au grain en matière de :
Dépenses ;
Déplacements ;
Empreinte environnementale.
Mais ce bouleversement des mœurs, incitant paradoxalement à l’individualisme sous un certain angle, rentre en contradiction avec les principes de tels événements.
 
 
Le Salon de L’Agriculture connaît, lui aussi, une baisse de fréquentation
 
Le Salon de l’Agriculture de Paris, véritable vitrine du secteur de l’agriculture en France, est exactement le reflet de ce phénomène. Son édition 2019 a ainsi fait face à une importante baisse de fréquentation.
Ce sont 633 213 personnes qui ont arpenté les allées de l'événement en 2019, contre 672 000 en 2018, soit une perte de 40 000 visiteurs en un an. Pour autant, Jean-Luc Poulain, directeur du Salon de l’Agriculture, s'est voulu rassurant et estime qu'il s'agit toujours d’un chiffre tout à fait satisfaisant.
 
Il reste évident que le rôle du directeur du salon consiste à apaiser les tensions auprès des professionnels impliqués dans l’événement. M. Poulain se doit donc d’avoir un discours positif, même s’il est difficile pour les acteurs du secteur d'être impassibles face à de tels chiffres de fréquentation. Pour autant, malgré ces données suscitant l'inquiétude, il est possible que son évolution soit plus bénéfique qu’il n’y paraît.
 
 
Une évolution positive est-elle envisageable ?
 
Dans ce contexte, la question de l'avenir des foires agricoles semble plus légitime que jamais. Malgré ces signaux quelque peu alarmants, un avenir positif demeure concevable. À l’heure du numérique, de plus en plus de personnes deviennent désireuses d’une vie plus simple, éloignées du stress des grandes villes et de l’hyper-connectivité. Autrement dit, la population se tournant à nouveau vers le milieu rural, pour s’y installer, croît progressivement.
 
Par ailleurs, les consommateurs renforcent leur souhait de privilégier les filières courtes. Preuve en est : la loi intitulée « EGalim », promulguée le 1er novembre 2018, stipule que les produits issus de circuits courts devront constituer 50 % de l'approvisionnement en restauration collective, à compter de janvier 2022.
Cet engouement pour les produits de proximité pourrait bien redorer l'image de l'agriculture française et faire repartir la croissance du marché à la hausse. En ce sens, il semblerait que les foires aient finalement encore de beaux jours devant elles.
 

Auteur(s): Article Partenaire

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