Quel parti politique réussira à symboliser la colère des Français à l’issue de la crise ?

Quel parti politique réussira à symboliser la colère des Français à l’issue de la crise ?

Publié le 13/05/2020 à 07:49 - Mise à jour à 11:16
Gerd Altmann de Pixabay, FranceSoir
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Auteur(s): FranceSoir

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Alors que le déconfinement concentre l’attention des Français, deux partis tentent de s’ériger en symbole de la contestation. Et les voies choisies diffèrent entre le Rassemblement National et la France Insoumise. Les autres partis attendent avant de rentrer dans le jeu des mots.  Verra-t-on de nouvelles forces politiques émerger?

 

S’appuyant sur les conséquences et les causes de cette crise sanitaire exceptionnelle, le gouvernement appelle depuis la mi-mars à une « union sacrée ». De son côté, l’opposition a joué son rôle d’aiguillon, poussant le gouvernement à aller plus loin dans les mesures de protection et à se justifier de certaines de ses décisions.

Quelle opposition pour symboliser la colère des citoyens ?

Deux partis veulent symboliser cette résistance :  le parti de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise (LFI) , et celui de Marine Le Pen, Rassemblement National, rivalisent d’imagination pour incarner cet esprit de résistance.

De son côté, bien que rejetant l’idée de cette union républicaine, LFI se montre moins contestataire que lors de l’automne hiver 2018-2019 (crise des gilets jaunes). Multipliant les apparitions médiatiques, Jean-Luc Mélenchon se refuse à une opposition systématique estimant que

« (…) le choc frontal ne favoriserait pas la prise de conscience politique, ça ferait l’inverse, ça la bloquerait (…) »

La voie suivie par Marine Le Pen est justement celle de cette contestation systématique. Le RN se montre beaucoup plus agressif, dénonçant sans cesse les « fautes gravissimes » et « l’incompétence » d’un gouvernement, accusé d’avoir aggravé la situation.

En revanche, les deux partis pèsent avec soin chacun de leurs arguments, connaissant l’importance de la crédibilité de leurs propos. Car Mr Mélenchon et Mme Le Pen savent que dans deux ans, la campagne des élections présidentielles réservera une place essentielle à la gestion de cette pandémie, et aucun n’entend amenuiser ses chances.

Les autres partis politiques n'ont pas encore pris totalement voix au dialogue 
On peut noter une tentative de message des écologistes pour la définition du monde d'après et des prises de parole de certains représentants des Républicains sur des sujets bien spécifiques.  Quelques personnalités se sont aussi essayées à esquisser une vision pour le monde d'après, de Houellebecq à Vincent Lindon et Nicolas Hulot.


Les initiatives citoyennes et collaboratives
De nombreux groupes de discussions sur les réseaux sociaux ont vu le jour, avec au début des sujets liés au traitement sanitaire de la crise (traitement Raoult versus Discovery).  Des groupes d'individus qui collaborent sur des sujets scientifiques ou économiques.  Certains de ces groupes comprennent plus de 450 000 membres.  Au-delà des mots et des invectives, il apparaît l'envie et le besoin d'expression des participants, leur engagement et leur sentiment de ne pas être écoutés ou entendus des élites "qu'ils arrêtent de nous prendre pour des jambons" peut-on lire.  De sujets plus techniques et spécifiques, certains se sont exercés à la tribune ou à la critique politique avec un certain talent dans le maniement de la langue française. 

450 000 participants actifs, c'est plus que le nombre d'adhérents actifs aux divers partis en présence. 

Verra-t-on de nouveaux mouvements citoyens émerger de ces échanges?  Le jury ne s'est pas encore prononcé.  Cela s'affirme comme un fait : 

La fracture entre les citoyens et l'élite continue à se matérialiser.

 

 

 

Auteur(s): FranceSoir


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LFI veut symboliser la colère des Français mais il n'est pas le seul

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